L'équilibre acido-basique est essentiel pour le bon fonctionnement de l'organisme

Lorsque l’on s’intéresse à l’importance et l’impact de l’alimentation sur notre état de santé plusieurs notions physiologiques interviennent. L’équilibre acido-basique est l’une d’entre elles.

 

Nous allons définir cet équilibre, découvrir en quoi il joue un rôle important dans le maintien de notre état global de santé et comment notre alimentation impacte sur ce dernier. Nous avons déjà vu l’alimentation détoxifiante, l’alimentation anti-inflammatoire, aujourd’hui ce sera alimentation et équilibre acido-basique !

 

Notion d’équilibre acido-basique

Qu’est-ce que le pH ?

L’équilibre acido-basique est relatif au pH (potentiel hydrogène). Le pH permet de mesurer l’activité des ions hydrogène H+ (ou protons) et de déterminer, en fonction de leur concentration, si une solution (aqueuse ici) est acide, neutre ou basique. Plus la concentration d’une solution en ions H+ est élevée et plus cette solution est acide.

  • Une solution acide a un pH inférieur à 7 ;
  • Elle est neutre lorsqu’elle a un pH égal à 7 ;
  • Elle est basique ou alcaline si son pH est supérieur à 7 ;
  • Tout milieu physique possède un pH pouvant aller de 0 à 14.

Par exemple, l’acide chlorhydrique à un pH de 0, le café de 5, l’eau pure de 7 et l’eau de mer de 8,2.

 

Qu’est-ce que l’équilibre acido-basique ?

Concernant notre corps, l’équilibre acido-basique renvoie à la proportionnalité entre les substances dites acides et les substances dites basiques contenues dans notre organisme.

Chez un organisme vivant comme un être humain, tous les tissus et éléments du corps humain sont alcalins (pH > 7) à l’exception de l’estomac dont le pH est compris entre 1,5 et 4.

Un des pH les plus fondamentaux est le pH sanguin. Le pH du sang doit être compris entre 7,35 et 7,45. S’il est inférieur à 7,35 il est en acidose, c’est-à-dire qu’il contient trop d’acidité, ce qui correspond à une concentration trop élevée en ions hydrogène. Si, en revanche, il est supérieur à 7,45, il est en alcalose.

Le sang est ce qu’on appelle une solution tampon. C’est-à-dire qu’il contient un couple moléculaire (H2CO3/HCO3) lui permettant de se maintenir à un pH fixe. L’acidose et l’alcalose permettent de comprendre l’importance de cet équilibre puisqu’il s’agit de deux états pathologiques pouvant être très graves s’ils ne sont pas pris en charge convenablement.

Le pH de la peau est à 5,2, celui de l’urine doit se situer entre 6,5 et 7,5 et le pH de la bouche, quant à lui, est neutre.

Cet équilibre manifeste le milieu optimal à partir duquel un être vivant peut se maintenir durablement en vie sans développer certaines carences et pathologies. Il est en effet indispensable au bon fonctionnement des enzymes intervenant dans les réactions biochimiques générées par notre fonctionnement organique. Par exemple, la pepsine (enzyme de l’estomac) a besoin d’un pH compris entre 1,5 et 3, tandis que la trypsine (enzyme du pancréas) a besoin d’un pH compris entre 7 et 8.

Mais, si des désordres hydroélectrolytiques s’installent, l’état de santé se dégrade pouvant mener à des troubles parfois difficiles à résorber.

L'alimentation variée et équilibrée est essentielle à un bon équilibre acido-basique dans le sang

 

Importance thérapeutique de l’équilibre acido-basique

Le corps et ses systèmes de maintien de l’équilibre acido-basique

Un organisme vivant peut être comparé à une mécanique complexe à l’intérieur de laquelle les éléments interagissent entre eux, le maintien de cet organisme dépendant de l’équilibre et de la proportion entre tous ces éléments. Aussi, nous l’avons vu avec le cas du pH du plasma sanguin, un simple écart quantitatif même moindre fait basculer l’organisme d’un état dit de santé à celui de maladie, bien que l’état pathologique ne soit pas réductible à la question quantitative.

C’est pourquoi cet équilibre physiologique, qu’est l’équilibre acido-basique, s’avère indispensable à un bon état de santé.

Dès lors, les conséquences sanitaires en cas de déséquilibre peuvent être graves et concerner la totalité des organes et fonctions.

Or, particulièrement en Occident, l’évolution de nos modes de vie, de notre alimentation et de nos habitudes alimentaires a permis à un terrain excessivement acide de se développer.

Le pH sanguin est ici prédominant dans l’état de santé. En effet, si celui-ci devient trop acide, c’est notre vie qui est en jeu.

 

C’est pourquoi, un organisme en bonne santé dispose de différents mécanismes permettant au corps de rééquilibrer le pH : des mécanismes tampons extra ou intracellulaire, l’élimination rénale des ions H+, la ventilation alvéolaire, l’hémoglobine pour les principaux.

L’hémoglobine est un tampon intracellulaire qui permet un maintien du pH du plasma sanguin en absorbant des protons dans les tissus.

Pour ce qui est des mécanismes tampons, ils consistent à faire varier les autres pH de façon à rééquilibrer le pH anormal. Pour se faire, notre organisme va puiser dans ses réserves des substances alcalinisantes. Et il suffit d’une toute petite baisse pour que le corps puise des minéraux alcalinisant là où ils se trouvent, c’est-à-dire essentiellement dans les os, les dents, le cartilage, etc.

On comprend alors que le maintien d’un niveau trop élevé d’acidité va progressivement épuiser nos réserves en éléments minéraux indispensables (calcium, sodium, potassium, magnésium…), et provoquer une déminéralisation de notre squelette.

Aussi tous les milieux du corps sont concernés par ce risque de déséquilibre et pas uniquement le pH du plasma sanguin. C’est pourquoi il arrive que le pH du plasma sanguin ne varie pas et que les systèmes tampons soient sursollicités. Ce qui peut être le signe d’un déséquilibre acido-basique général.

L'équilibre acido-basique dans le sang dépend d'une bonne alimentation

 

Origines et symptômes de l’acidose et de l’alcalose métabolique

L’alcalose et l’acidose peuvent être de deux types : métaboliques ou respiratoires. Nous nous intéressons ici aux troubles métaboliques sur lesquels l’alimentation peut impacter.

Le principal signe clinique d’une acidose métabolique est la polypnée, c’est-à-dire une accélération du rythme respiratoire et une diminution de l’amplitude des mouvements respiratoires, qui est ici une conséquence de l’hyperventilation alvéolaire visant à rééquilibrer le pH organique.

Les conséquences classiques d’une acidose métabolique peuvent être des pathologies rénales rhumatismales, du diabète, des troubles ORL, une fatigue chronique, etc. Une acidose extrême peut mener à des collapsus, voire à un arrêt cardiaque ou induire un coma.

L’acidose peut être légère et passagère, ou devenir une acidose chronique latente engendrant des symptômes lourds comme l’ostéoporose.

 

L’alcalose métabolique (insuffisance en ions H+), plus rare que l’acidose, peut engendrer paresthésies, tétanies, voire des convulsions. Sa compensation va provoquer un ralentissement respiratoire. L’alcalose peut avoir pour origine des vomissements importants provoquant une perte des acides, ou encore un excès de diurétiques. À l’inverse, ce trouble peut aussi être provoqué par un apport excessif d’alcalins tels que des bicarbonates de soude.

Pour pallier à un tel risque et à l’épuisement progressif du corps dans la tentative de rééquilibrage, certaines mauvaises habitudes alimentaires peuvent être supprimées (lorsqu’il s’agit de la cause de la variation de l’équilibre acido-basique), et de bonnes habitudes alimentaires, permettant une régulation et un maintien de cet équilibre, peuvent être adoptées en association à une bonne hygiène de vie générale.

 

Rôle de l’alimentation dans le maintien de l’équilibre acido-basique

Une alimentation saine pour un équilibre acido-basique passe par une alimentation équilibrée et variée

Certains aliments vont augmenter l’acidité organique là où d’autres vont la diminuer. Pour pallier au risque encouru en cas de déséquilibre acido-basique, c’est un autre équilibre qu’il faut parvenir à trouver : l’équilibre alimentaire.

 

Les aliments et le pH

En fonction du type d’aliments ingérés et des substances fondamentales à digérer (lipides=graisses, glucides=sucres, protides=protéines), la digestion et l’intervention du pH seront spécifiques. Certains aliments sont essentiellement digérés dans la bouche et les intestins, d’autres le sont quasiment entièrement par l’estomac. Ainsi, les protides, que l’on va trouver dans la viande par exemple, sont dégradés par l’estomac, là où les lipides le sont par la bouche et les intestins.

On comprend ici l’importance de l’équilibre, puisqu’il suffit qu’un de ces milieux soit en acidose ou alcalose pour qu’une partie du bol alimentaire ne soit pas digérée convenablement.

Or, certains aliments consommés durablement en excès vont altérer cet équilibre. Les protéines sont les premières substances à générer trop d’acidité organique lorsqu’elles sont surconsommées. La première cause d’un tel phénomène (en Occident) reste la surconsommation de viande rouge.

L’excès de substances alcanisantes provoque aussi un déséquilibre.

Par ailleurs, l’état de la flore intestinale est aussi indispensable à un bon équilibre.

L'alimentation détoxifiante va aider l'organisme à éliminer ce dont il n'a pas besoin

 

Les premiers aliments présentant un intérêt dans la correction et le maintien de l’équilibre acido-basique sont les fruits et les légumes. Si la plupart des fruits et légumes pris individuellement ont un pH acide, une fois inclus au bol alimentaire, leur acidité respective n’impacte plus, d’autant plus qu’une fois assimilés, ils ne génèrent que des alcalins contenus dans leurs minéraux. L’intérêt majeur des fruits et légumes est donc leur teneur en minéraux, puisque ceux-ci vont permettre de prévenir ou de résorber l’acidose.

Les aliments riches en oméga 3 sont, quant à eux, indispensables à une bonne flore intestinale qui contribue au maintien de l’équilibre acido-basique. Les poissons, huiles de poisson et fruits à coques (noix, amandes….) doivent donc être introduits dans l’alimentation quotidienne. Certaines épices pourraient aussi contribuer au maintien de l’équilibre. C’est le cas du curcuma dont les très nombreuses vertus thérapeutiques ne sont plus à vanter.

Il ne faut pas oublier que l’importance de l’alimentation dans la contribution à l’état de santé se trouve dans la régularité et la qualité de la diversité alimentaire et non pas dans la quantité.

Il s’agit donc de consommer de façon régulière, en respectant les heures et le nombre traditionnel de repas, des aliments variés et intéressants sur le plan nutritionnel (donc biologiques de préférence) sans être en excès alimentaire.

 

L’équilibre acido-basique : l’expression d’une hygiène de vie globale

L’alimentation joue un rôle clé dans le maintien de notre état de santé. Cependant, elle ne saurait à elle seule prévenir l’apparition d’états pathologiques si elle ne s’intègre pas dans un mode de vie global permettant d’atteindre un équilibre sanitaire.

L’équilibre sanitaire ne signifie aucunement ne jamais tomber malade, la maladie faisant partie intégrante de la vie, mais signifie plutôt pouvoir sortir rapidement et sans lourdes et durables conséquences d’une telle expérience.

Pour se faire, et indépendamment des antécédents et spécificités organiques de chacun, une bonne alimentation doit être accompagnée d’une activité physique suffisante, l’oxygène étant un autre facteur fondamental dans le maintien de l’équilibre acido-basique.

Mais, elle doit aussi s’accompagner d’un sommeil suffisant, de la suppression ou la réduction majeure des causes de stress et d’angoisse ainsi que des substances agressives, psychoactives et addictives (tabac, alcool, café, sodas, drogues en général incluant les traitements médicamenteux lourds non indispensables au maintien en vie).

 

Au même titre que notre corps est un tout, notre état de santé en est un aussi.

Pour une vie en pleine santé, votre alimentation et son impact sur l'organisme sont essentiels !

 

Author Info
Isabelle Gallois

Isabelle Gallois

Spécialisée en philosophie de la médecine, je propose un contenu en éthique médicale, en épistémologie, ainsi qu'une approche sociologique des problématiques de santé et de la diversité des conceptions du normal et du pathologique. Je suis particulièrement intéressée par l'émergence de nouvelles médecines et par la question de la complémentarité disciplinaire.

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