blessure coupe monde

Coupe du monde 2018 : un beau spectacle mais sûrement aussi de belles blessures…

 

L’édition 2018 de la coupe du monde vient de commencer pour notre plus grand bonheur. Celle-ci va rythmer le début de l’été durant plus d’un mois jusqu’à la finale tant attendue le 15 juillet.

Nos bleus vont-ils réaliser l’exploit qui avait fait vibrer tout un pays il y a maintenant déjà 20 ans de cela ? C’est bel et bien la question que tout le monde se pose. Enfin, presque tout le monde…

D’irréductibles ostéopathes comme nous, préfèrent imaginer quelles blessures ils vont pouvoir nous mettre sous la dent.

Vous en avez assez de ne pas savoir pourquoi ces footeux se roulent par terre ? Pourquoi un simple tacle peut détruire la saison d’un joueur ? Vous voulez prédire la blessure du joueur devant vos amis juste en regardant la télé ? Vous voulez enfin pouvoir prédire dans combien de temps votre joueur préféré va pouvoir rejouer après sa grave blessure sans attendre les informations de la presse ? Vous voulez enfin comprendre les compte-rendus médicaux diffusés officiellement ? 

Alors cet article est fait pour vous ! Voici les blessures les plus susceptibles d’arriver pendant la coupe du monde.

 1 – Les entorses

 

 Ah, cette fameuse entorse dont tout le monde parle. Le moindre pas de travers et c’est directement elle qui est incriminée. 

Mais alors, pourquoi l’entorse de Neymar a-t-elle fait autant parler et l’a exclu des terrains pendant si longtemps alors que votre dernière soi-disant entorse en descendant du trottoir la semaine dernière vous a fait mal seulement 3 jours ?

Avant de parler entorse, parlons déjà des ligaments.

Les ligaments permettent le mouvement mais évitent surtout aux différents os de bouger de manière excessive ce qui provoquerait par exemple des luxations (petite pensée à notre Djibril Cissé).

L’entorse résulte de l’étirement ou de la déchirure d’un ou de plusieurs ligaments au niveau d’une articulation lors d’un traumatisme.

Mais pourquoi certaines entorses sont plus graves que d’autres ?

Il existe 3 catégories d’entorses :

  • L’entorse bégnine : simple étirement du ligament (sûrement celle que vous avez eu en descendant du trottoir …)
  • Entorse moyenne : déchirure partielle du ligament
  • Entorse grave : rupture totale du ligament (on pense notamment à la rupture du ligament croisé qui est une véritable tragédie car il est particulièrement compliqué de s’en remettre).

La durée de cicatrisation d’un ligament est en moyenne de 6 semaines. Parmi les entorses, la cheville et les genoux sont particulièrement touchés chez les sportifs. 

Entorses du genou

Il existe deux ligaments croisés au niveau du genou. Un antérieur (devant) et un postérieur (derrière). Le ligament croisé antérieur (LCA) est celui qui se rompt le plus fréquemment.

Cependant, certains joueurs arrivent à retrouver leur meilleur niveau après ce traumatisme comme c’est le cas de Nabil Fekir ou encore de Benjamin Mendy ayant tous deux subi une rupture de ligament croisé et pourtant, tous les deux sont présents pour la coupe du monde au sein de l’équipe de France.

entorse genouSi vous voyez le médecin de l’équipe effectuer ce geste sur un joueur qui est à terre, c’est alors que le médecin suspecte une rupture du ligament croisé antérieur.

 

 

Entorses de la cheville

L’entorse du ligament latéral externe de la cheville (cas Neymar) est également particulièrement fréquente. Ce ligament est composé de trois faisceaux (postérieur, moyen et antérieur). Il faut savoir que le faisceau antérieur est le plus souvent touché. Cette entorse se produit le plus souvent lors d’un mouvement brutal d’inversion (vers l’intérieur) du pied.

N’hésitez donc pas alors durant une soirée foot à lancer devant vos amis lorsqu’un joueur vient de se faire une entorse de cheville « c’est surement une atteinte du faisceau antérieur du ligament latéral externe, voyons ». Vous blufferez sûrement toute l’assemblée.

 

Mais comment soigne-t-on une entorse ?

  • Traitement antalgique (médicaments contre la douleur)
  • Repos
  • Immobilisation (en attendant la cicatrisation)
  • Chirurgie : exceptionnelle et souvent réservée aux sportifs de haut niveau. Au niveau du genou par exemple, pour une rupture du ligament croisé, celle-ci consiste à réaliser une greffe d’un tendon (faisceau fibreux qui relie un muscle à l’os) pour remplacer le ligament précédemment rompu. 
La chirurgie n’est pas obligatoire car un renforcement des muscles de l’articulation pourra stabiliser l’articulation et donc « remplacer » l’ancien rôle du ligament. Pour les amateurs de l’Olympique Lyonnais, Anthony Reveillère a décidé de soigner sa rupture du ligament croisé antérieur sans chirurgie fin 2008. Tout le staff médical était sceptique sur sa capacité à retrouver le plus haut niveau sans opération mais pourtant il a réussi !

 

2 – Les fractures

 

Pas besoin d’en écrire des lignes et des lignes : la fracture, tout le monde connait. Mais combien de temps celle-ci peut-elle écarter un joueur des terrains ?

La durée de consolidation d’un os est environ de 6 semaines mais la guérison peut être bien plus longue en fonction de la gravité de la fracture.

Connaissez-vous également la fracture de fatigue ?

Celle-ci, bien plus sournoise, survient de manière progressive après une répétition de petits traumatismes sur l’os.  Elle se manifeste le plus souvent par une douleur vive survenant sans choc particulier. Cette fracture se retrouve chez les grands coureurs comme le sont les footballeurs. 

On peut notamment penser à la découverte d’une fissure du 5ème métatarse (os de l’avant pied) lors des radios effectuées sur Neymar après son entorse qui laisse suggérer qu’il souffrait déjà de cette facture de fatigue auparavant.

 

3 – Les blessures musculaires 

 

  • La crampe : il s’agit d’une douleur musculaire provoquée par une contraction involontaire du muscle en plein effort particulièrement vive mais qui cesse rapidement. Le plus souvent un simple étirement permet à la douleur de disparaitre.

  (Si vous voyez cette image à la télé, il y a fort à parier qu’il s’agit une crampe)

 

  • La contusion musculaire (si vous voulez faire les malins) ou dans le jargon « la béquille » : Celle-ci résulte d’un traumatisme direct sur un muscle qui provoque une véritable douleur aiguë. Cependant, malgré le coté impressionnant de cette douleur, celle-ci s’estompe normalement entre 12 à 24h après le traumatisme. Pour traiter la contusion, le premier traitement de choix est l’application de froid au niveau du choc. 

  (Si vous voyez cette image à la télé, il y a fort à parier qu’il s’agit d’une contusion)

 

  • L’hématome musculaire ou dans le jargon « la bonne grosse béquille » :

Un peu plus grave que la contusion, celle-ci résulte d’un saignement au sein du muscle provoqué par le traumatisme qui peut créer une poche de sang au sein du muscle. Le muscle se met alors à gonfler, il est dur et douloureux. 

Il faut alors comprimer immédiatement et il peut également être nécessaire de venir retirer le sang de l’hématome (par ponction). La durée d’indisponibilité du joueur sera ici compliquée à prévoir car celle-ci dépend de la taille de l’hématome.

  • La rupture musculaire partielle ou dans le jargon « l’élongation » :

On retrouve ici la déchirure de quelques fibres musculaires qui peut être due à une sollicitation intempestive et excessive du muscle en particulier. La douleur peut passer quelque fois inaperçue à l’effort mais celle-ci apparait le plus souvent lors de la phase de récupération. Cette douleur provoque une difficulté de fonctionnement du muscle touché. Cependant, pas de trop soucis pour votre joueur, le temps de récupération est assez rapide (entre 10 et 15 jours). Le repos est la principale mesure à adopter.

  • La rupture totale du muscle ou dans le jargon « le claquage » :

La rupture ou le claquage résulte de la rupture totale d’un muscle pendant l’effort. La douleur est fulgurante et
particulièrement brutale si bien que le joueur doit arrêter l’effort immédiatement.
Ce traumatisme est plus grave et demande entre 3 à 6 semaines de récupération. Le principal traitement encore ici est le repos pour la cicatrisation mais la chirurgie peut s’avérer indispensable pour certains cas.

 

  • La rupture tendineuse :

Cette blessure est également assez connue notamment à cause de la fameuse rupture du tendon d’Achille. (Petite pensée à notre ami Laurent Koscielny qui rate la coupe du monde avec l’équipe de France à cause de cette blessure). 

 

Le tendon d’Achille permet de relier les muscles du mollet au Calcaneum (os du talon).

Lors d’un effort brutal (début d’une accélération par exemple), ce tendon peut se rompre soudainement. La douleur est particulièrement intense et le joueur ne peut plus marcher.

Le traitement est pratiquement toujours chirurgical et la cicatrisation dure en moyenne minimum 6 semaines.

La rupture du tendon d’Achille peut être favorisée par une répétition de tendinite au niveau de celui-ci mais également par l’administration d’infiltrations à ce niveau qui fragiliseront le tendon et prédisposera sa rupture.

 

4 – Les ruptures du ménisque

 

Les ménisques sont situés au niveau du genou qui ont un rôle de cale, stabilisant le genou, mais également d’amortisseur. 

La rupture de ce ménisque se produit le plus souvent lors d’un faux mouvement de genou (en flexion la plupart du temps). Le joueur ressentira alors une douleur et un blocage du genou en flexion. Le traitement est alors chirurgical et vise le plus souvent à retirer le ménisque. Bien que cette opération soulage particulièrement le joueur et lui permette de reprendre le sport environ 3 semaines après, celle-ci prédispose particulièrement à une arthrose du genou particulièrement précoce chez le concerné…

 

5 – La simulationite 

   

La simulationite est une pathologie particulièrement fréquente chez les joueurs de football. Elle résulte en une simulation aiguë visant à faire croire à l’arbitre que nous avons subi une faute abominable. Heureusement le temps de récupération est estimé à environ 30s. Pas de souci à se faire alors !

 

6 – La blessure d’ego 

 

Particulièrement fréquente également dans le monde du sport de haut niveau, celle-ci se produit le plus souvent lors d’un changement brutal de joueur. Pas d’inquiétude à avoir non plus, la gravité de cette blessure n’est pas terrible, le joueur devrait s’en remettre rapidement.

 

 

L’ostéopathie dans la prise en charge de ces blessures 

 

En prévention

L’ostéopathe pourra tout d’abord essayer d’ intervenir en amont pour essayer de prévenir la blessure chez le joueur. Le thérapeute examinera l’ensemble du corps du joueur dans l’optique de repérer toutes les zones de tensions que le joueur à accumuler tout au long de sa carrière sportive. Quand on connaît les contraintes physiques que subissent quotidiennement les sportifs de haut niveau, il est facile d’imaginer que le corps est mis à rude épreuve. Avant la blessure, le corps fera en sorte de s’adapter le plus possible en créant de multiples adaptations posturales, contractions musculaires … jusqu’à que celui-ci ne puisse plus s’adapter et là, c’est la blessure !

L’ostéopathe, en traitant toutes ces adaptations et toutes ces tensions, permettra au corps lors d’un traumatisme d’être comme le roseau dans les Fables de la fontaine (un peu de culture générale… cela ne fait pas de mal!) : il pliera mais ne rompra pas. Sans l’ostéopathe, le corps du joueur aurait quant à lui peut être été plus celui du vieux chêne qui, incapable de s’adapter, finira par rompre lors d’un coup de vent trop fort (le gros tacle…).

 

Après la blessure

Toute blessure (articulaire ou musculaire) modifiera forcément le comportement des articulations et tissus et peut perturber l’équilibre du patient. Les autres articulations devront donc à leur tour s’adapter à ce changement ce qui provoquera forcément de nouvelles contraintes à distance dans le corps ce qui pourra favoriser la naissance d’autres douleurs.

Une intervention chirurgicale sera un véritable traumatisme pour tous les tissus du corps humains entrainant des processus de cicatrisation et d’adhérence qui produiront alors des restrictions de mobilités qui devront être compensés par le corps du joueur.

Tout traitement orthopédique avec plâtres ou attelles aura forcément une incidence sur le fonctionnement de l’articulation. Lors de la rééducation, l’ostéopathe peut tout d’abord exercer des techniques propres à sa profession de manière complémentaire aux techniques des kinésithérapeutes afin d’optimiser la récupération mécanique de l’articulations en question.

De plus, l’altération du fonctionnement de l’articulation aura forcément modifié tout l’équilibre du corps du patient ce qui pourra développer des adaptions périphériques par rapport à la zone initialement touché. De par son raisonnement global, l’ostéopathe sera un intervenant de choix pour déceler et traiter ces adaptations du corps humain.

La pluridisciplinarité est véritablement bénéfique car chaque thérapeute peut apporter son expertise, son expérience, son mode d’action et son raisonnement afin d’optimiser la rémission des maux du patient en traitant chacun une des origines du trouble qui correspond à sa discipline. Tout intervenant dans la santé du patient doit être capable d’admettre que sa profession ne peut être l’unique solution au trouble présenté chez son patient. 

 

Les ostéopathes ont de plus en plus la côte dans le monde du football professionnel.

Le gardien de la Juventus de Turin Buffon a par exemple exigé que son ostéopathe personnel l’accompagne au PSG si celui-ci signait dans le club. Récemment, nous avons appris également que Djibril Sidibe, victime d’une lésion au ménisque externe du genou, a bénéficié du traitement d’un ostéopathe pour récupérer de sa blessure ce qui lui a valu la chance de pouvoir participer à la coupe du monde.

 

Alors maintenant que vous êtes des apprentis soignants, on vous souhaite une belle coupe du monde en espérant bien évidemment ne pas trop voir toutes les vilaines blessures évoquées ci-dessus.

 

Et surtout : Allez les Bleus ! 

 

Author Info

Laurent LOUAT

Pas de commentaires

Poster un commentaire

Effectuez cette addition *