Les douleurs au coccyx ont de nombeuses causes et peuvent être des plus gênantes au quotidien

J’ai mal au coccyx : pourquoi ?

Trois siècles avant notre ère, Hérophyle, médecin de la Grèce antique, releva une ressemblance entre le bec d’un coucou nommé Clamator Glandarius et ce petit os. Il le baptisa alors « Kokkyx », terme signifiant « coucou ».

Bien que petit, cet os détient une grande influence sur l’ensemble du corps.

 

Rappels anatomiques du coccyx

La forme :

 

Le coccyx est un os impair, médian et symétrique. Il est constitué de 4 à 5 vertèbres soudées entre elles, d’une longueur totale d’environ 5 centimètres.

Cet os se situe à la partie terminale de la colonne vertébrale. Il constitue le reliquat de la queue des mammifères. Il présente quatre faces et a une forme de pyramide à sommet inférieur (ou apex) et à base supérieure :

  • L’apex : il peut avoir une forme unie ou bifide;
  • La base : elle est articulée avec l’apex inférieur du sacrum, par le biais de processus articulaires, formant ainsi l’articulation sacro-coccygienne. Elle présente deux cornes donnant insertion aux ligaments sacro-coccygiens;
  • Une face antérieure : elle présente 4 lignes transversales identiques à celles du sacrum résultant de la fusion des vertèbres coccygiennes. Elle est en rapport avec le rectum. • Une face postérieure : elle est sous cutanée;
  • Deux bords latéraux : ils sont étroits et donnent insertion à plusieurs muscles et ligaments du périnée.

Le coccyx est généralement dans la continuité de la forme du sacrum. Cependant, il existe quelques variations anatomiques comme un coccyx vertical, horizontal, incliné d’un côté ou de l’autre.

 

Son articulation :

Le coccyx est articulé uniquement avec le sacrum. La surface et les processus articulaires coccygiens s’articulent avec l’apex inférieur du sacrum, formant ainsi l’articulation sacro-coccygienne. Cette dernière est très peu mobile et peut s’ossifier avec le temps.

Les moyens d’unions de cette articulation sont : les ligaments sacro-coccygiens antérieurs, postérieurs et latéraux.

Les rôles du coccyx :

Le coccyx est le seul point osseux central du plancher pelvien. Il constitue par conséquent le point d’amarrage de nombreux muscles et ligaments locorégionaux. Cette situation anatomique lui confère un rôle primordial dans l’équilibre statique du corps.

Il possède également une fonction minoritaire de protection et de soutien des organes pelviens postérieurs.

 

Les muscles et les ligaments en rapport :

La base :

  • Les ligaments sacro-coccygiens.

L’apex :

  • Le sphincter de l’anus;
  • Le ligament ano-coccygien.

Face antérieure :

  • Le muscle coccygien;
  • Le muscle élévateur de l’anus;
  • Les ligaments sacro-coccygiens antérieurs.

Face postérieure :

  • Les muscles grands glutéaux;
  • Les ligaments sacro-coccygiens postérieurs;
  • Des fascias du ligament caudal.

Bords latéraux :

  • Les muscles élévateurs de l’anus;
  • Les muscles grands glutéaux;
  • Les muscles coccygiens;
  • Les ligaments sacro-coccygiens latéraux;
  • Les ligaments sacro-tubéraux;
  • Les ligaments sacro-épineux.

 

Les rapports nerveux et vasculaires :

Les nerfs ano-coccygiens sont destinés à l’innervation sensitive péri-anale. Ils constituent le plexus coccygien.

En avant du plexus coccygien se trouve le réseau vasculaire du petit bassin provenant de l’artère iliaque interne et ses collatérales.

Le réseau lymphatique se greffe au réseau vasculaire.

 

Les causes de le coccygodynie

Qu’est-ce que la coccygodynie aigue ?

Il s’agit d’une douleur localisée au niveau du coccyx.

Cette douleur vive est généralement provoquée par la toux, par un point de pression sur l’apex ou encore lors d’une position assise prolongée et au relevé du siège. La douleur coccygienne peut être accompagnée d’irradiations dans le petit bassin, les cuisses, les lombes, et la région fessière.

Une coccygodynie chronique est une douleur coccygienne persistant plus de deux mois malgré une prise en charge médicale adaptée.

 

Les causes de douleurs coccygiennes :

  • Les fractures et les luxations : elles peuvent résulter d’un traumatisme direct ou indirect au niveau du coccyx (la chute sur les fesses étant la plus habituelle). La luxation postérieure est très fréquente contrairement à la fracture;
  • Les entorses d’un des ligaments sacro-coccygiens;
  • Les calcifications (ou arthrite micro cristalline);
  • Les bursites : elles peuvent être créées par une épine coccygienne (située au niveau de l’apex) causant une inflammation locale;
  • Les troubles digestifs et alimentaires : la constipation, l’obésité et la maigreur;
  • Les troubles cutanées : les kystes pilonidaux;
  • Les maladies gynécologiques : les rétroversions utérines, les affections des trompes et des ovaires;
  • Les enthèsopathies : elles sont typiquement unilatérales et touchent principalement le muscle grand glutéal et des ligaments sacro-tubéraux;
  • Les troubles musculo-squelettiques : les tensions musculaires asymétriques, les lombalgies chroniques, l’hypo-mobilité lombo-pelvienne;
  • La grossesse et le post-partum;
  • Les troubles nerveux : la névralgie des branches postérieures du plexus sacré ou le syndrome d’Alcock;
  • Les maladies osseuses : l’ostéoporose avancée;
  • Les maladies dégénératives : l’arthrose;
  • Les maladies congénitales : les malpositions coccygiennes, l’hyper-laxité ligamentaire;
  • Les maladies inflammatoires : RCH, Crohn;
  • Les maladies tumorales : les métastases (le cancer du coccyx est rare);
  • Les séquelles de chirurgie : l’arthrodèse lombaire;
  • Les séquelles de traumatismes (chutes sur les fesses, accidents de la voie publique);
  • Les douleurs projetées : elles peuvent provenir de la charnière lombo-sacrée;
  • La sédentarité ou la pratique de sports inadaptés (équitation, cyclisme);
  • Les malpositions prolongées et/ou répétées (dues par exemple à un fauteuil trop mou ou trop bas).

Le stress et le surmenage ont par ailleurs une incidence non négligeable sur les douleurs coccygiennes.

Il faut également préciser que le coccyx peut être impliqué dans les troubles du sommeil et de l’humeur ainsi que dans les dyspareunies (douleurs lors des rapports sexuels).

 

Le coccyx et l’ostéopathie

La prise en charge ostéopathique n’est pas indiquée en première intention pour chaque pathologie coccygienne. En cas de douleur très vive, de rythme inflammatoire, de fièvre, de grande fatigue, de perte d’appétit, ou encore de saignements, l’ostéopathe devra réorienter son patient chez son médecin afin de faire des examens complémentaires.

L’ostéopathie intervient uniquement en seconde intention dans ces cas de figures. Les objectifs d’un traitement ostéopathique spécifique d’une coccygodynie sont :

  • Articulaire : redonner une mobilité optimale au rachis lombaire, aux articulations du bassin et coxofémorales ainsi qu’à l’articulation sacrococcygienne;
  • Tissulaire : équilibrer les tensions musculaires du plancher pelvien, détendre les ligaments locorégionaux et harmoniser les diaphragmes pelvien et thoracique;
  • Crânio-sacré : équilibrer l’axe crânio-sacré;
  • Viscérale : travailler sur les organes pelviens;
  • Circulatoire : stimuler les systèmes vasculaires, veineux et lymphatiques;
  • Nerveux.

Remarque : les techniques spécifiques au coccyx sont douces et adaptées. La palpation par voie interne est interdite aux ostéopathes. Cependant, des formations sont tout de même dispensées et dans certains cas, les résultats sont satisfaisants.

 

Les conseils de l’ostéopathe en cas de douleurs au coccyx

Le coccyx est un petit os situé à la partie terminale de la colonne vertébrale. Il donne insertion à un système musculo-squelettique puissant lui conférant un rôle primordial dans la stabilité pelvienne.

La coccygodynie est une douleur très handicapante au quotidien. Les facteurs responsables de cette douleur sont nombreux et peuvent être à la fois in situ comme à distance.

La prise en charge ostéopathique permet un soulagement de la douleur, une détente des tissus locorégionaux, un gain de mobilité du rachis et du bassin ainsi qu’une harmonisation globale du corps.

Afin d’optimiser les effets d’une consultation ostéopathique et de prévenir les récidives, voici quelques conseils spécifiques :

  • Bonne position assise : le poids du corps doit être sur les tubérosités ischiatiques et non sur le coccyx (coussin ergonomique);
  • Musculation du massif fessier;
  • Apport de chaud ou de froid sur la zone douloureuse;
  • Alimentation équilibrée;
  • Activité sportive déconseillée (équitation, vélo) et adaptée (pilate, natation);
  • Rééducation périnéale;
  • Kinésithérapie.
Author Info
Lou Roussel

Lou Roussel

Ostéopathe D.O diplômée de l’institut de Rennes, j’effectue des consultations à domicile dans Paris et sa banlieue. Ma pratique est variée : j’estime que l’application d’un traitement doit être adaptée et respectueuse du patient. Ma formation me permet de prendre en charge le nourrisson, l’enfant, l’adulte, la femme enceinte, le sportif, la personne âgée et la personne en situation de handicap.
J’apprécie prendre le temps auprès de mes patients afin de leur donner explications et conseils.

Pas de commentaires

Poster un commentaire