Cuir chevelu et traitement naturel : pour des cheveux en pleine santé

Les pathologies du cuir chevelu sont très nombreuses, à l’étiologie variée. Nous n’allons donc pas étudier chaque trouble, mais nous concentrer sur ceux essentiellement liés à des difficultés vasculaires et pour lesquels les plantes et l’ostéopathie ont un rôle à jouer.

Vous pensez que c’est tiré par les cheveux ? Vous allez être surpris ! 

Le cuir chevelu : anatomie et pathologies

Anatomie du cuir chevelu

Le cuir chevelu est la partie de la peau recouvrant le crâne et qui mesure en moyenne 6 centimètres. Il est donc composé de trois couches comme le reste de la peau : l’épiderme qui est la couche externe superficielle, le derme constitué d’un tissu conjonctif riche en vaisseaux sanguins et l’hypoderme riche en graisses stockées dans les cellules adipeuses.

Sa particularité anatomique est la quantité de follicules pileux qu’il comporte. Ces follicules sont reliés à un appareil pilo-sébacé qui se compose de glandes sébacées, associées aux muscles horripilateurs qui se contractent en cas de froid et de fortes émotions provoquant la fameuse « chair de poule ».

 

Le cheveu, comme tous les poils recouvrant notre peau, comprend deux parties :

  • Une partie profonde : le bulbe, posé sur une petite saillie formée par l’épiderme appelée la papille et qui est très riche en vaisseaux sanguins.
  • Une partie superficielle visible, celle qui émerge de la peau à l’œil nu, formée de structures fibrillaires longues (phanères). Le poil grandit par sa base, puisque c’est là que ses racines se nourrissent.

Il est essentiellement composé de kératine, de protéines fibreuses, de chaînes polypeptidiques, de mélanine, d’eau et de quelques lipides.

À chaque cheveu est annexée une glande sébacée chargée de produire une matière grasse (sébum) qui va se diffuser le long du poil et l’enduire de façon à le rendre imperméable.

 

La vascularisation du cuir chevelu est assurée par un réseau complexe d’artères : l’artère temporale superficielle, l’artère auriculaire postérieure, l’artère occipitale, l’artère frontale interne et l’artère sous-orbitale. Un schéma veineux similaire vient s’ajouter à la vascularisation artérielle (la veine médiane frontale se dirigeant vers la veine angulaire, la veine temporale, la veine auriculaire postérieure et la veine frontale). En plus de cette structure vasculaire, un système d’innervation s’ajoute composé de différents nerfs.

La santé de notre cuir chevelu et de nos cheveux dépend de l’équilibre de ce système.

Par exemple, comme pour la peau en général, un excès ou une insuffisance de production de sébum aura des répercussions néfastes. De même, un déficit vasculaire peut engendrer une dégradation tissulaire.

 

Pathologies du cuir chevelu

S’il existe une grande diversité de pathologies pouvant atteindre le cuir chevelu, les manifestations somatiques sont, quant à elles, assez générales et peuvent se retrouver dans plusieurs tableaux cliniques distincts. C’est le cas de l’alopécie (chute des cheveux) dont il existe plusieurs formes et causes, ou encore des érythèmes (apparition de rougeurs et parfois de plaques) souvent accompagnés de démangeaisons.

 

Voici les causes les plus courantes d’alopécie et d’érythème :

  • Les effets secondaires des traitements contre les cancers (chimiothérapie, etc.), et de certains traitements médicamenteux.
  • Des antécédents génétiques et/ou endocriniens.
  • Des causes environnementales intoxicantes (typiquement certains métaux lourds provoquent des réactions du cuir chevelu parfois spectaculaires : thallium, acide borique, mercure, arsenic…).
  • Une insuffisance vasculaire provoquant une mauvaise circulation au niveau du cuir chevelu.
  • Des facteurs tissulaires dans certains cas provoquant un relâchement du tissu de soutien du bulbe pileux et une inflammation des tissus.
  • La présence de parasites et atteintes fongiques tels que la teigne qui peut engendrer des alopécies cicatricielles (destruction définitive du follicule pileux remplacé par du tissu cicatriciel).
  • Certaines maladies auto-immunes complexes entraînent alopécie et érythèmes comme le lupus systémique.
  • Enfin, certains comportements environnementaux impliquent une diminution de la qualité de la peau et des cheveux (tabac, mauvaise alimentation, cheveux constamment attachés et serrés, usage quotidien des fers à cheveux, etc), et certains troubles psychologiques provoquent alopécies et érythèmes traumatiques comme la trichotillomanie.

 

Bien évidemment, l’ostéopathie et les plantes ne sont pas des traitements permettant de prendre en charge les troubles susmentionnés. Néanmoins, leur usage peut permettre d’améliorer l’état du cuir chevelu et aider à retrouver une meilleure santé des cheveux.

Ce qui nous intéresse ici est les troubles liés à une insuffisance vasculaire et les démangeaisons et chutes de cheveux passagères sans cause connue.

Et pour cause, une bonne vascularisation est indispensable à une bonne nutrition du bulbe pileux (sans quoi les bulbes s’atrophient), elle-même nécessaire à la croissance du cheveu. De plus, une mauvaise circulation augmente le risque d’accumulation des toxines. La qualité de la microcirculation doit donc être préservée.

Et pour cela, il existe différentes techniques manuelles et traitements à base de plantes permettant d’une part d’activer la microcirculation, et d’autre part de garantir une meilleure santé du cuir chevelu en résorbant les démangeaisons soudaines et en aidant à renforcer la forme et la beauté de la chevelure.

 

Aromathérapie et phytothérapie au secours de nos cheveux

Les plantes sont de précieuses alliées dans la santé de notre peau en général et certaines d’entre elles possèdent une action intéressante sur le plan vasculaire et permettent un rééquilibre global. Elles peuvent donc présenter un intérêt en cas de mauvaise santé du cuir chevelu se traduisant notamment par des alopécies et érythèmes.

Elles peuvent s’employer sous forme d’infusions que l’on peut utiliser pour le rinçage des cheveux après shampoing, ou sous forme d’huiles essentielles, ou encore en bain d’huile végétale, efficace pour hydrater et régénérer le cuir chevelu.

 

Aromathérapie

Les huiles essentielles seront utilisées ici diluées directement dans un shampoing ou dans une huile végétale pour un masque capillaire.

 

En cas d’érythèmes accompagnés de démangeaisons :

  • L’estragon : si cette plante vivace est avant tout connue pour son impact sur le système digestif, elle possède aussi une action en cas de réactions allergiques. Elle permet de calmer certaines démangeaisons du cuir chevelu, liées ici spécifiquement à une réaction allergique. On la diluera dans une huile végétale (d’amande douce par exemple) à hauteur de 20 gouttes d’estragon pour 20 ml d’huile végétale.
  • La lavande officinale (ou vraie) : la lavande est intéressante sur le plan circulatoire, mais aussi pour traiter les démangeaisons et irritations épidermiques. On peut en diluer 2ml dans 20 ml d’huile végétale.

 

En cas d’alopécie (autre qu’androgénétique) :

  • Le cèdre de l’Atlas : grâce à ses propriétés lipolytiques et décongestionnantes veineuses, l’huile essentielle de cèdre de l’atlas renforce la pousse des cheveux et l’équilibre sébumique du cuir chevelu. Contenant des molécules neurotoxiques et abortives, elle doit toujours être diluée dans une huile végétale ou dans un shampoing (10 gouttes dans 20ml d’huile végétale) et ne doit pas être utilisée par les femmes enceintes et les sujets présentant des risques épileptiques.
  • L’huile essentielle de cajeputier : les feuilles de cet arbre cousin du niaouli et du tea tree produisent une huile essentielle antibactérienne, astringente et tonifiante cutanée. Elle permet de lutter contre les alopécies notamment dues à des maladies de peau telles que le zona. Elle peut s’appliquer à hauteur de 2 gouttes diluée dans la noix de shampoing.
  • L’huile essentielle de géranium rosat : à ne pas confondre avec le géranium bourbon, le géranium rosat possède des propriétés tonique et astringente cutanée, anti-inflammatoire et antibactérienne intéressantes. Elle est particulièrement efficace pour luter contre l’alopécie en synergie avec l’huile essentielle de cajeputier, diluées dans une huile végétale ou le shampoing.

 

Phytothérapie

En cas de démangeaisons et érythèmes :

  • Le thym : en infusion, les principes actifs du thym (thymol, linalol, carvacrol et pinène) ont une action antibactérienne et anti-inflammatoire permettant de calmer les irritations du cuir chevelu. L’infusion peut être utilisée directement en rinçage du shampoing ou en friction des cheveux après le rinçage à l’eau.
  • L’aloe vera : les vertus thérapeutiques et esthétiques de cette plante utilisée depuis l’Antiquité ne sont plus à vanter. Très hydratant le gel d’aloe vera est utilisé en cas de brûlures et de démangeaisons. Le gel s’utilise en massage du cuir chevelu avant shampoing ou en masque capillaire à garder la nuit.

 

En cas d’alopécie :

  • Le romarin : le romarin peut être utilisé de la même manière que le thym en infusion et en synergie avec ce dernier. Il est très intéressant pour stimuler la microcirculation et aider la croissance du cheveu.

 

Les huiles végétales

  • L’huile végétale de moutarde : cette huile est traditionnellement utilisée en Inde pour le renforcement et la beauté de la chevelure. Très chauffante, elle stimule la microcirculation et permet de solliciter les cycles pileux et donc de favoriser la pousse du cheveu. Elle est donc intéressante en cas d’alopécie. Assez irritante, elle s’applique en masque capillaire, diluée avec d’autres huiles végétales comme l’huile de ricin, de jojoba, ou simplement l’huile d’olive.
  • L’huile végétale de ricin : cette huile très connue pour ses bienfaits sur la chevelure renferme un complexe d’acides gras et de minéraux permettant de fortifier les cheveux. Elle renforce notamment la souplesse du bulbe pileux et hydrate le cuir chevelu permettant de prévenir les érythèmes et l’alopécie. Très douce, elle peut s’utiliser directement sur le cuir chevelu en masque capillaire.

Ces huiles végétales sont encore plus efficaces en association avec les huiles essentielles précitées.

Pour renforcer la santé du cuir chevelu, outre les plantes, l’ostéopathie a aussi un rôle à jouer.

Les massages

Vous connaissez sans doute les massages du cuir chevelu. Non ?

Mais si voyons, votre coiffeur vous a forcément déjà appliqué des petits massages circulaires pendant son shampoing.

Eh bien vous le remercierez la prochaine fois, car cela stimule la circulation sanguine localement et favorise l’élimination des toxines.

Ostéopathie et vascularisation du cuir chevelu

L’ostéopathie crânienne est très souvent employée pour traiter les migraines et céphalées liées à des troubles de la circulation (comme la névralgie d’Arnold). Et, en effet, l’ostéopathe est capable au toucher de détecter des altérations des flux de liquides à l’intérieur du crâne (sang et liquide céphalo-rachidien). Il va ensuite employer des techniques de mobilisation des structures et tissus profonds, qui vont permettre de redonner plus de mobilité et souplesse à la structure vasculaire. Généralement il travaille ici la correction du MRP (mouvement respiratoire primaire) et cherche à rééquilibrer l’axe craniosacré en jouant sur le bassin.

Et mes cheveux dans tout ça ?

Mais  l’on oublie que si cette intervention permet de pallier aux migraines par exemple, elle permet en même temps d’agir sur la vascularisation des tissus et notamment de la peau et du cuir chevelu. L’ostéopathe peut donc intervenir pour une meilleure vascularisation locale du crâne favorisant la pousse des cheveux ainsi que la santé et la beauté de la chevelure.

De plus, l’ostéopathie crânienne a également une action hormonale. Dans certains déséquilibres hormonaux, votre thérapeute pourra avoir un traitement visant à rétablir un bon équilibre hormonal, en travaillant notamment sur l’hypophyse.

L’ostéopathie est connue pour le mal de dos. Et pourtant, son action est bien plus vaste que ce que l’on pourrait imaginer ! Il est évident que l’ostéopathie ne constitue pas une solution miracle pour retrouver du jour au lendemain de jolis cheveux.

Il est pourtant vrai qu’elle permet d’agir en traitement de fond en éliminant toute dérégulation hormonale et dysfonction qui peuvent perturber la bonne fonction du cuir chevelu.

 

 

Author Info
Isabelle Gallois

Isabelle Gallois

Spécialisée en philosophie de la médecine, je propose un contenu en éthique médicale, en épistémologie, ainsi qu'une approche sociologique des problématiques de santé et de la diversité des conceptions du normal et du pathologique. Je suis particulièrement intéressée par l'émergence de nouvelles médecines et par la question de la complémentarité disciplinaire.

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