Les déformations dues à l'hallux valgus touchent essentiellement les femmes

L’Hallux valgus, plus communément appelé « oignon du pied », est une pathologie de plus en plus fréquente parfois extrêmement douloureuse et invalidante. Si l’intervention chirurgicale reste le principal traitement, l’ostéopathe peut soulager et surtout ralentir l’apparition de l’Hallux valgus.

Cependant, cette maladie peut avoir des répercussions posturales et être à l’origine de douleurs vertébrales et musculaires. Il est donc important pour un ostéopathe de vérifier les pieds chez les patients se plaignant de mal de dos et de travailler en complémentarité avec un podologue.

 

Qu’est-ce que l’Hallux valgus

L’hallux valgus est une déformation du pied correspondant à la déviation en dedans du premier métatarsien et du gros orteil en dehors. Dans la majorité des cas, une exostose douloureuse est retrouvée sur le bord médial de la tête du premier métatarsien.

Il existe deux types d’hallux valgus :

  • L’hallux valgus acquis du à l’affaiblissement des systèmes stabilisateurs du premier métatarsien. C’est l’hallux valgus classique causé par le vieillissement, une surcharge ou un traumatisme, etc..
  • L’hallux valgus « juvénile » apparaissant vers la vingtaine qui est héréditaire.

La malformation est à prédominance féminine le plus souvent bilatérale et prédisposée par le port de chaussures étroites. Elle peut aussi être présente chez les hommes en cas de surpoids et de pieds plats.

 

 

Les conséquences d’un hallux valgus

La pathologie et les dérèglements anatomiques sont à l’origine de modification des axes de tractions musculaires et entraînent des compensations posturales et des douleurs pouvant remonter jusque dans la colonne vertébrale.

  • La direction des tendons des muscles fléchisseurs et extenseurs du gros orteil n’est plus dans l’axe de l’articulation et exerce une force excentrée sur celle-ci accélérant la déformation. Comme décrit dans un de mes articles précédents (« les bienfaits de la randonnée pédestre »), le gros orteil doit assurer la propulsion pendant la 3e étape de la marche. La douleur empêche l’appui sur le gros orteil et donc la propulsion. Ce sont les autres orteils qui prennent le relais. Cette sursollicitation entraîne une rétraction des tendons fléchisseurs et les orteils peuvent prendre la forme « d’orteils en griffe ».
  • L’étirement excessif du muscle abducteur du gros orteil dû à la déformation est à l’origine de faiblesse musculaire et d’une perte d’élasticité. Son rôle d’amortisseur et de soutien qui normalement répartit les forces s’exerçant sur le pied, n’est plus assuré et favorise l’affaissement de la voûte plantaire.
  • – À l’inverse, la contraction excessive des faisceaux du muscle adducteur du gros orteil entraîne celui-ci encore plus dans sa déviation. La rétraction et les contractions permanentes peuvent aboutir à la formation de calcifications musculaires douloureuses.
  • La déformation et le déséquilibre entre les contractions/étirements des muscles modifient la statique du pied et augmentent les compressions vasculo-nerveuses de celui-ci. Des douleurs remontant parfois jusque dans le dos, des picotements et des engourdissements peuvent apparaître.

 

Les chaînes musculaires

Une chaîne musculaire est « un ensemble de muscles ayant la même action dans l’espace et reliés entre eux par leurs enveloppes (fascias) ». Comme les maillons d’une chaîne, chacun de ces muscles joue un rôle essentiel dans l’équilibre du corps. Ainsi, une tension, une déformation ou une contraction d’un de ces muscles suffisent pour avoir des répercussions immédiates sur tout l’ensemble de la chaîne et donc du corps.

La chaîne musculaire postérieure est la plus importante par son étendue et les conséquences qu’elle peut avoir sur le corps. Elle s’étend de l’arrière du crâne jusqu’au bout des orteils et remonte la face antérieure du tibia jusqu’au genou. Elle est décrite par Françoise Mézières (célèbre kinésithérapeute française). Cette chaîne est donc directement reliée aux articulations métatarso-phalangiennes du pied.

L’hallux valgus modifie cette chaîne et peut donc aboutir à l’apparition de compensations posturales par légère augmentation de la lordose lombaire et une mauvaise répartition du poids du corps le long du bassin et des membres inférieurs.

 

Hallux valgus et Ostéopathie

L’ostéopathe permet de ralentir la déformation du pied et de soulager à court et moyen terme les douleurs. Pour un traitement non chirurgical à long terme, la complémentarité entre un ostéopathe et un podologue est efficace. Le podologue pourra faire une analyse posturale et fabriquer des orthèses adaptées au cas du patient pour améliorer la posture, l’appui au sol et la propulsion lors de la marche.

L’ostéopathe pourra travailler la chaîne musculaire postérieure, décomprimer les articulations en souffrance et travailler lui aussi sur la posture afin de diminuer la fatigue musculaire et soulager les douleurs inflammatoires. Le but final reste de mieux répartir le poids du corps le long du bassin, de la colonne et des membres inférieurs pour diminuer la surcharge sur le gros orteil.

 

Author Info
Yannis Tillard

Yannis Tillard

Ostéopathe D.O issu du centre international d’ostéopathie, mon parcours atypique m’a permis de vivre et d’exercer l’ostéopathie sur plusieurs continents comme en Asie dans des monastères bouddhistes et des centres de méditations. J’ai l’habitude de travailler en complémentarité avec d’autres disciplines médicales et paramédicales pour un meilleur suivi du patient et une prise en charge plus efficace.

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