Guillain barré

Le syndrome de Guillain Barré

 

Le syndrome de Guillain Barré est une maladie auto-immune qui touche les nerfs périphériques le plus souvent au niveau des jambes remontant parfois au niveau du thorax, de la tête et du cou pouvant aller jusqu’à la paralysie.

Ce syndrome est aussi appelé polyradiculonévrite aiguë inflammatoire, Guillain-Barré-Strohl  ou encore polyradiculonévrite aiguë post-infectieuse car il survient souvent après une infection.

Il touche plus les hommes que les femmes et n’atteint pas les enfants de moins de 5 ans. Dans la majorité des cas, les personnes atteintes récupèrent leurs capacités physiques au bout de 6 à 12 mois.

L’origine n’est pas connue. Mais il a été prouvé qu’il existait des facteurs déclenchant 6 semaines avant l’apparition de la maladie.  Il peut s’agir d’une infection digestive (le plus souvent par Campylobacter pilori responsable de certaines gastro-entérite)  ou respiratoire, d’une vaccination, d’un acte chirurgical, ou d’un évènement stressant. Il peut survenir aussi au cours de maladies systémiques comme le lupus érythémateux ou même pendant la grossesse.

 

Physiopathologie

Le syndrome de Guillain Barré est due à une atteinte des nerfs périphériques dont le but est de transmettre des informations du cerveau ou de la moelle épinière au reste du corps comme les muscles, les organes internes et les organes des sens.

Cette atteinte se fait de façon « auto-immune ». Cela signifie que le système immunitaire du corps, qui normalement s’attaque uniquement aux corps étrangers, se retourne finalement contre les nerfs périphériques. Les anticorps produits attaquent donc directement  la gaine de myéline des nerfs à l’origine de réactions inflammatoires douloureuses. La myéline sert à isoler et protéger les fibres nerveuses mais elle joue aussi un rôle important dans la vitesse de la transmission de l’influx nerveux.

 

Syndrome Guillain Barré

Signes et Symptômes

La sévérité des symptômes est variable d’une personne à l’autre et parfois passe même inaperçue. L’atteinte des nerfs périphériques est toujours ascendante et symétrique.

Le début se caractérise le plus souvent par une faiblesse, parfois une paralysie, des extrémités inférieures et des troubles sensitifs comme des picotements, des engourdissements ou une hypoesthésie  en « gants » et en « chaussettes » (c’est-à-dire aux mêmes endroits sur la peau que touchent le tissu d’un gant ou d’une chaussette). Cette atteinte peut ensuite remonter symétriquement jusqu’au cou.

La paralysie flasque partielle ou totale peut apparaître et dans les cas le plus graves peuvent toucher les muscles respiratoires et les muscles de la déglutition. La capacité de parler, déglutir ou respirer peut alors engager le pronostic vital.  Les reflexes ostéo-tendineux sont diminués ou abolis.

La plupart des patients se rétablissent pleinement, même dans les cas les plus graves, bien qu’une faiblesse puisse persister chez certains.

La maladie comporte trois phases d’évolution :

  • Phase d’extension : apparition rapide des symptômes, de 1 jour à 4 semaines
  • Phase de plateau : de quelques jours à plusieurs mois. Généralement, plus les déficits neurologiques sont importants, plus cette phase de plateau est longue.
  • Phase de récupération: plusieurs semaines, parfois des mois avec régression des symptômes

 

Il existe une autre forme clinique de la maladie appelée syndrome de Miller Fischer entraînant une ataxie (déficit de la coordination des mouvements volontaires), une absence de réflexe et une paralysie des muscles moteurs des yeux.

 

Quel est le traitement du Syndrome de Guillain Barré ?

Il n’existe aujourd’hui aucun traitement curatif mais certains traitements symptomatiques permettent de soulager les douleurs et de réduire la durée de la maladie.

Le syndrome de Guillain Barré étant potentiellement mortel, la conduite à tenir est axée sur la surveillance de la respiration, du rythme cardiaque et de la tension artérielle. La ventilation assistée est parfois nécessaire. L’alitement prolongé entraîne parfois un risque de thromboses, de constipation et d’infection urinaires qui peuvent être traités séparément.

L’immunothérapie visant à éliminer les anticorps est efficace pendant la phase aigue de la maladie.

Les traitements antibiotiques sont inutiles car les symptômes apparaissent après que le germe en question est disparu du corps.

Si des faiblesses musculaires persistent après la phase aiguë de la maladie, les thérapies manuelles paramédicales comme l’ostéopathie et la kinésithérapie peuvent être nécessaires.

 

Guillain Barré et ostéopathie

Bien évidemment, l’ostéopathie ne guérit pas la maladie mais elle à un effet non négligeable sur l’amélioration du confort de vie du patient, ses capacités à mieux vivre la maladie et les effets secondaires dus à l’alitement ou la paralysie.

Ainsi par des mobilisations articulaires et certaines techniques musculaires, l’ostéopathe peut parallèlement à une rééducation, permettre au patient de retrouver ses capacités motrices et de lutter contre les faiblesses musculaires.

Des techniques de drainage lymphatique, stimulation du retour veineux, ou encore des techniques d’ostéopathie viscérale permettent de soulager les nombreuses conséquences de l’alitement comme la constipation, les thromboses, les douleurs articulaires ou musculo-aponévrotiques.

 

 

Author Info
Yannis Tillard

Yannis Tillard

Ostéopathe D.O issu du centre international d’ostéopathie, mon parcours atypique m’a permis de vivre et d’exercer l’ostéopathie sur plusieurs continents comme en Asie dans des monastères bouddhistes et des centres de méditations. J’ai l’habitude de travailler en complémentarité avec d’autres disciplines médicales et paramédicales pour un meilleur suivi du patient et une prise en charge plus efficace.

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