biomecanique

L’ostéopathie, comment ça marche ? Parlons biomécanique ! 

 

« Bonjour, remettez-moi en place, un petit crac et c’est reparti »

Le corps humain est une belle machine, certes !

Mais il ne suffit pas de resserrer une vertèbre lombaire comme un boulon pour soulager une lombalgie ! Pour nous aider à comprendre l’action pointue de l’ostéopathie, Julien DANTZER (ostéopathe) nous explique les fondements de la biomécanique et son action en ostéopathie !

 

 

 

La biomécanique, c’est passionnant !

Pré-requis

1684 : Isaac Newton établit les bases de la mécanique ! La force est le pouvoir mécanique sur les choses.

Quand j’applique une force sur un objet, il peut réagir de deux façons : il se déforme ou il se met en mouvement. (Bray et coll. 1990)

Notre corps n’échappe pas aux lois de la mécanique, c’est un objet qui est traversé en permanence par des forces : il y a celles de notre environnement telles que la gravité mais également celles qui sont déployées par nos tissus !

Dans « l’état d’équilibre »,  ces deux types de forces s’annulent.

A défaut, un déséquilibre entraînera notamment la déformation de notre corps sous la contrainte de ces forces.

Les ostéopathes ne peuvent agir sur la gravité et concentrent leurs efforts sur l’anatomie du corps humain (certains ostéopathes proposent alors des consultations en piscine ☺ )

 

La biomécanique (mécanique du corps humain) diffère de la mécanique industrielle ; l’oublier réduit l’être humain à un robot perfectionné – Kapandji 1986

« la mécanique ne connaît que la dégénération- une voiture neuve est toujours en meilleur état qu’une d’occasion- alors que le corps humain se répare et se prolonge- la peau abîmée se cicatrise, l’os aussi, les cellules se reproduisent contrairement à une carrosserie de voiture qui ne se régénère pas… […]. »

 « […] un traitement mécanique diffère du travail d’un garagiste, qui corrige des défauts  car le soignant doit induire des gestes qui poussent l’organisme, et donc le patient, à opérer lui-même l’évolution réparatrice. Le soignant soigne, le malade se guérit… […]. »

Réflexions sur la « bio » biomécanique fonctionnelleM.Dufour et M. Pillu

 

Les forces internes

L’anatomie recense notamment 666 muscles dans le corps humain.

Chaque muscle produit une énergie qui va s’exprimer sous forme de force et se transmettre aux tissus. Quand elle rencontre le tissu osseux, dense, peu déformable, celle-ci va faire bouger l’os.

Exemple : la contraction des muscles du bras tracte les os de l’avant-bras et réalise ainsi une flexion de l’avant-bras sur le bras.

En temps normal, le jeu des forces qui nous parcourt est en équilibre et nous sommes libres de nos mouvements.

Mais nous ne sommes pas de la matière brute, notre résistance aux forces est variable selon nos états : un muscle est, par exemple, fatigable !

Comment réagissez vous face à un déséquilibre ?

Quand les rapports de forces qui nous traversent ne s’égalisent plus, la stabilité du système va solliciter les propriétés des structures : déploiement d’une résistance mécanique supérieure et d’un travail supplémentaire pour contrecarrer la force qui tente de le déformer.

J’appuie sur un vaisseau sanguin, les muscles de ses parois se contractent davantage pour repousser la force qui s’exerce sur lui.

La répétition d’une contrainte  va épuiser les muscles. Pour protéger la région, celle-ci va se « crisper » pour éviter tout mouvement de déformation. Cette « immobilisation » de la région va se traduire par un point de « ralentissement » dans la fluidité mécanique du corps et transmettre aux tissus les plus disposés à prendre le relais de l’équilibrage des forces.

Les articulations entre les vertèbres subissent les contraintes mécaniques. Une sur-sollicitation induit l’épuisement des ressources tissulaires par des micro-ruptures tissulaires génératrices d’inflammation. Pour protéger cette région, les muscles alentours vont la « verrouiller » et empêcher les mouvements articulaires. C’est ce qu’on appelle une adaptation.

Mais deux vertèbres font partie d’un système : la colonne vertébrale. Le verrouillage musculaire d’un étage articulaire vertébral aura automatiquement une répercussion mécanique sur les autres étages. Cette perte de mobilité de l’étage verrouillé représente un travail supplémentaire pour le reste de la colonne.

Mais pas que !

La colonne est aussi un maillon d’un système plus grand : le corps humain. Ainsi, c’est au sein du corps tout entier que va s’organiser la mise en place d’une compensation mécanique, la mise à disposition des ressources énergétiques nécessaires mais quand les limites de tous ces moyens sont atteintes c’est la dysfonction.

Comme dans une entreprise, si un employé ne fait pas son travail les autres suppléent, l’entreprise toute entière est impactée et mobilise des ressources en tout genre jusqu’au dépassement des capacités compensatoires.

Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres !

 

La dysfonction ostéopathique

Les ostéopathes ne diagnostiquent pas de pathologies, ils ne sont pas compétents pour. C’est le champ d’action des médecins.

Les ostéopathes identifient la perte de mobilité et les liens qui l’ont générée. Cet état est nommé dysfonction. Les ostéopathes ne guérissent aucune pathologie, mais ils aident à les prévenir. Les ostéopathes ne remplacent pas les médecins mais ils concourent à la promotion de la santé.

Toute structure du corps a une fonction. Pour s’exprimer, elle doit être libre mécaniquement. Celle-ci s’apprécie par sa mobilité. C’est pourquoi l’ostéopathe, avant toute correction ostéopathique, effectue des tests de mobilités pour repérer les zones plus ou moins mobiles.

 

« Je suis malade ? Qu’est ce que j’ai ? »

A l’inverse du médecin, l’ostéopathe ne cherche donc pas à tout prix une pathologie, mais davantage des signes évoquant potentiellement une pathologie future. Lorsque l’ostéopathe a trouvé un « problème », cela ne veut donc pas dire pour autant que vous êtes malades. Nous sommes tant habitués à raisonner avec une médecine curative plutôt que préventive que nous tendons à oublier que l’action du thérapeute pourrait être principalement avant que la pathologie (et la douleur) soit installée.

Si ce n’est pas une pathologie, alors qu’est-ce que c’est le problème ?

Il n’y a pas de nom à la décompensation que votre corps a prise en vue de s’adapter à un trouble. Il faudrait inventer un nouveau champ lexical pour le décrire : au jour d’aujourd’hui avec le vocabulaire mis à notre disposition ça donnerait par exemple « dysfonction lombaire liée à un trouble du psoas en lien à une sur-sollicitation digestive »

Mais c’est un peu long …

Evidemment, il ne tient qu’à vous de demander votre « diagnostic dysfonctionnel » pour avoir la réponse à la question de ce sous-titre.

Dans l’attente d’un vocable dédié, les ostéopathes sont maîtres dans la localisation des troubles et peuvent même proposer des pistes sur le scénario de leurs survenues, en rapports par exemple avec des évènements traumatiques passés (physiques ou psychologiques).

 

« L’ostéopathie, c’est pour quels troubles exactement ? »

Le champ d’intervention de l’ostéopathie est trop large pour se résumer à une liste. Il y a autant d’indications que toutes les ressources de l’anatomie, de la physiologie et de la biomécanique !

L’ostéopathie fait partie de l’arsenal thérapeutique pour promouvoir la santé, comme il existe la psychologie, la sophrologie, l’acupuncture, la réflexologie, la médecine chinoise et que sais-je encore ?

Faudrait-il une indication médicale systématique pour consulter ?

Notre trouble doit-il forcément porter un nom pour qu’on y prête soin et attention ?

 

 

Author Info
Julien DANTZER

Julien DANTZER

Ostéopathe et infirmier à Nice, j'ai suivi ma formation à Aix en Provence dans l'école d'Eurosteo. Jeune rédacteur chez REFLEX OSTEO, je vais tenter de vous parler d'ostéopathie, un nouveau défi passionnant !

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