coup du lapin

Ostéopathie et coup du lapin

 

Le coup du lapin, appelé « wiplash » chez les anglophones,  est un traumatisme du rachis cervical résultant le plus souvent d’un changement de vitesse brutal suivi d’une décélération rapide au niveau de la tête.

Dans la majorité des cas le coup du lapin est dû à un accident de voiture entraînant une hyper-extension  puis une hyper-flexion cervicale (si le choc vient de l’arrière). D’autres conjonctures peuvent être à l’origine d’un wiplash comme les chutes et les sports de contacts (rugby, boxe, etc…), un traumatisme émotionnel, etc…

Le wiplash peut être responsable d’un grand nombre de manifestations cliniques un peu partout dans le corps et la symptomatologie varie selon chacun. Ainsi, il est très fréquent d’avoir à corriger un whiplash chez un patient qui vient consulter pour un tout autre problème.

 

 

Comment apparaît le coup du lapin ?

Le mécanisme d’apparition est différent selon la cause ou la gravité du choc. Prenons l’exemple le plus classique : Accident de voiture avec un choc venant de l’arrière à faible vitesse.

coup du lapin

Le mouvement de l’onde de choc se transmet de l’arrière vers l’avant. La colonne cervicale va donc subir dans un temps très court un mouvement exagéré et non contrôlé de flexion/extension. Ce mouvement d’arrière en avant, dans la plus part des cas, bloque les cervicales hautes en flexion et les cervicales basse en extension. Selon la violence du choc, les disques peuvent être touchés ou déplacés.

Comme la nuque n’est pas capable d’absorber le choc, les muscles cervicaux subissent eux aussi un étirement rapide. N’ayant pas réussis anticiper l’onde de choc, ces muscles vont se contracter de façon réflexe. Cette contracture peut parfois toucher la totalité des muscles érecteurs du rachis (apparition soudaine de lumbago, dorsalgo, etc..).

La colonne cervicale étant un carrefour vasculo-nerveux important et le lieu de passages de nombreux plexus et nerfs innervant les membres supérieurs, la tête et le thorax (fonction respiratoire et cardiaque), il est nécessaire de s’assurer par des examens complémentaires que le système nerveux n’a pas été touché (hernie discale, compression nerveuse, lésion du bulbe rachidien, etc…).

Si vous avez des vertiges ou bien que votre vision n’est plus très claire juste après votre accident, ou que le choc a été particulièrement important : allez directement aux urgences pour effectuer un premier bilan.

Remarque : Si vous avez seulement le cou qui craque depuis votre cou du lapin, cela ne signifie pas qu’il ya nécessairement une lésion osseuse.

 

La dure mère, élément essentiel pour comprendre le coup du lapin

Une autre structure peut être touchée par le coup du lapin et être responsable de nombreux symptômes.

La dure mère est une membrane fibreuse, dure et rigide, qui entoure et protège le système nerveux central et les racines des nerfs. Sa particularité est qu’elle s’étend du sommet de la cavité crânienne jusqu’au sacrum.

Elle s’insère aussi à la base du crâne sur le pourtour du foramen magnum de l’occiput et sur les deux premières vertèbres cervicales.

Or dans la majorité des wiplash, ce sont ces 2 premières cervicales qui sont touchés en premier. Le traumatisme et le mouvement d’hyper-extension des cervicales hautes peuvent être à l’origine de tensions sur la dure mère. La rigidité de cette membrane peut aussi propager l’onde de choc partout le long de la dure mère. Les tensions subies sur celle-ci  sont donc susceptibles d’entraîner des symptômes s’étendant de la tête au bassin.

 

coup du lapin

 

Quels sont les symptômes du coup du lapin ? 

Voici une liste non exhaustive des symptômes possibles après un wiplash :

  • Cervicalgie, dorsalgie, lombalgie
  • Contractures musculaires, torticolis, dorsalgo, lumbago, …
  • Vertiges
  • Acouphènes
  • Céphalées
  • Nausées / vomissements
  • Fatigue anormale
  • Stress
  • Angoisse, oppression thoracique, difficulté à respirer
  • Engourdissements, fourmillements le long des membres supérieurs (surtout au niveau des mains)
  • Douleur à la base du crâne
  • Douleur à la mâchoire
  • Sommeil difficile
  • Troubles du transit
  • Diminution de l’état général et de la vitalité
  • Parfois symptômes auditifs et visuels

 

L’ostéopathie pour traiter le coup du lapin 

La diversité des symptômes et l’oubli d’un éventuel traumatisme lointain nécessite une prise en charge minutieuse du patient.

L’interrogatoire doit être pertinent et doit essayer de faire rappeler au patient qu’il à pu subir par le passé un choc pas forcément violent. La chronicité des symptômes peut mettre l’ostéopathe sur la voie.

A l’observation, il n’est pas rare d’observer des postures compensatoires. Par exemple, il est possible que le patient se sente « droit » lorsqu’il est allongé sur la table alors qu’en réalité son corps décrit un arc de cercle.

Lors des tests ostéopathiques, le praticien ne doit pas oublier de tester le crâne,  les membranes de tensions réciproques ainsi que la dure mère car ce sont ces structures qu’il faut dans la majorité des cas traiter en premier.

Une fois ces corrections effectuées, il est important de laisser le corps se reposer pendant minimum 3 semaines avant de revoir le patient pour continuer le traitement du wiplash qui généralement s’effectue entre 2 et 3 consultations.

 

 

 

Author Info
Yannis Tillard

Yannis Tillard

Ostéopathe D.O issu du centre international d’ostéopathie, mon parcours atypique m’a permis de vivre et d’exercer l’ostéopathie sur plusieurs continents comme en Asie dans des monastères bouddhistes et des centres de méditations. J’ai l’habitude de travailler en complémentarité avec d’autres disciplines médicales et paramédicales pour un meilleur suivi du patient et une prise en charge plus efficace.

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