mâchoire-craque

Pourquoi a t-on mal à la mâchoire ?

On peut avoir un problème de mâchoire sans avoir de grosses douleurs, du moins pendant un certains temps. Lorsque la douleur survient, votre mâchoire veut vous dire quelque chose :

Stop, tu me mets trop de pression ! 

Cette pression peut être d’origine mécanique, parfois également psychologique aussi (stress, pression au travail…).

Elle aboutit à la crispation musculaire de la zone de la mâchoire et parfois à une compression des nerfs environnants, expliquant votre mal ) la mâchoire.

D’où vient la douleur de mâchoire ?

Votre mâchoire peut être crispée de manière habituelle sans pour autant ressentir une vraie douleur.

Lorsque la douleur survient, il s’agit d’un signe vous indiquant que votre mâchoire ne supporte plus les tensions mécaniques exercées contre elles. Les muscles de la mâchoire (masséters et temporaux notamment) peuvent se contracturer et devenir douloureux. Ce raidissement de l’articulation peut provoquer une compression des nerfs environnants, qui enverront leurs messages douloureux jusqu’à leurs territoires sensitifs.

L’ATM (articulation temporise mandibulaire) est vascularisée par des branches des artères temporales et tympaniques. Ces artères sont innervée par des pédicules du nerf mandibulaire, issue du nerf trijumeau (le V), nerf mixte qui a un immense territoire sensitivo-moteur de la face : le nerf ophtalmique (V1), maxillaire (V2) et mandibulaire (V3).

mal-mâchoire

Une fois comprimés, ces nerfs vont entraîner des douleurs, qui peuvent être projetées en fonction de leur territoire nerveux : le  front et  l’arrière des yeux pour le le nerf ophtalmique ou la mâchoire et l’ATM pour le nerf mandibulaire par exemple.

 

Explication des douleurs des tempes, des oreilles et des céphalées :

 

Le nerf auriculo-temporal est une branche du nerf mandibulaire. Il inerve cette articulation mais également la tempe et l’oreille !

Ceci peut expliquer que certains patients présentant des dysfonctions de l’ATM présentent aussi des douleurs aux oreilles (otalgies) et des maux de têtes sur le côté du crâne (céphalées temporales).
Le nerf mandibulaire étant à la fois sensitif et moteur, on comprend mieux pourquoi un cercle vicieux s’installe et perpétue la douleur (comme lors de syndrômes complexes comme le SADAM) : contractions musculaires abusives, dysfonctions de l’ATM, douleurs entretenants le spasme des muscles masticateurs, qui eux mêmes accentuent la douleur et ainsi de suite.

Note : Les douleurs de l’oreille peuvent être liées au territoire nerveux de l’ATM, mais aussi à certains muscles en particulier le temporal, le tenseur du tympan et à la suture anatomique directe entre eux. Cependant, les troubles ORL (acouphènes par exemple) même si ils sont présents ne peuvent être toujours expliqués par ces troubles.

 

Les troubles posturaux et leurs liens avec l’occlusion :

 

Des douleurs cervicales ou au niveau des épaules, ou bien encore au niveau du bas du dos ?

Et si c’était un problème de mâchoire ?…

A ce jour, les auteurs occlusodontises ne proposent pas de modèle étiopathogénique rationnel et consensuel. En gros, ils sont encore un peu dans le flou…

Par ailleurs, les rapports réciproques entre les ATM et le système postural restent mal compris et donc controversés. Pourtant, les études scientifiques montrent un lien particulièrement important entre les mauvaises postures et les dysfonctions de l’ATM.

De plus, beaucoup d’ostéopathes, de posturologues et de dentistes rapportent fréquemment de bons rétablissements posturaux lors de traitements dentaires.

Etudes posturales 

Certaines études montrent qu’en cas de scoliose, il existe deux fois plus d’encombrements dentaires, de protusions mandibulaires et problèmes occlusifs (1991, Pecina et coll., Yougoslavie). Des liens ont également été établis avec la position même des dents (des molaires en particulier).
Des chercheurs ont expérimenté cette théorie sur des rats en observant leur posture suite à l’imposition d’une malocclusion dentaire (D’attillio et coll. 2005). Lors de l’expèrience, les 30 rats ont développé une scoliose, après rééquilibre de l’occlusion, 83% des animaux retournèrent à la normale.

 

mâchoire colonne

(A) L’étude de D’Attillio a créé une malocclusion en ajoutant de l’acrylique sur la molaire d’un rat. (B) Après une semaine, tous les rats avaient développé une déviation importante (flèche) de la mandibule (occlusion croisée). (C) Un sujet avant l’expérience; la colonne du rat était relativement droite. (D) Avec la malocclusion, l’animal a développé une déviation importante de la colonne (scoliose) qui a disparu lorsque l’occlusion normale fut rétablie (D).

Certains auteurs ont établie un rapport étroit entre la partie cervicale de la colonne vertébrale et l’appareil masticatoire : longueur de la mandibule, sévérité d’une lordose cervicale, courbure thoracique augmentent avec la présence d’une prognathie mandibulaire et faciale.

Ceci suppose que le corps s’adapte, et établisse un mécanisme compensatoire pour maintenir l’équilibre du corps. (Moya et coll., 1994).

Ainsi, si la tête est centrée, les tensions sont réparties le long de la colonne et sur tout le corps.

Si la tête se déplace, une pression aditionelle est exercée. Si une malocclusion se développe, la tête imposera une augmentation de charge d’un côté de la colonne et de ses tissus. Une inclinaison verticale de la mandibule produira donc une déviation de la colonne et une déviation/rotation du bassin pouvant entraîner des symptômes dans la région lombaire!

Les muscles sous occipitaux et la posture

Les muscles sous occipitaux, situés juste en dessous de l’occiput (os derrière le crâne), jouent un rôle très important sur la posture. Leur contracture exagérée dans le temps poussera le corps à s’adapter : modificiation de posture avec adaptation de la position des yeux (Giriat, 2017). Donc si un trouble de l’ATM se produit, de part une malloclusion par exemple, les muscles sous-occipitaux s’adapteront pour rééquilibrer la sphère céphalique. S’en suivra une réaction posturale en chaîne, et adapatation générale du corps.

Si le corps ne peut plus s’adapter, d’autres troubles peuvent apparaîtres, comme les lombalgies que l’on voit très souvent dans nos cabinets.

Pour en apprendre plus sur les liens entre les structures cervico-thoraciques et les céphalées, vous pouvez consulter le livre très interessant de Christine Giriat, « l’ostéopathie au coeur des céphalées », publié en ce début d’année.

L’ostéopathie permet une compréhension globale des problématiques liées à la mâchoire, chez l’enfant pendant sa croissance ou bien chez l’adulte.

Si vous souffrez d’un problème occlusal, ou d’un trouble potentiellement en liaison avec la mâchoire, nous vous conseillons d’effectuer un bilan postural chez votre ostéopathe.

Author Info
Virgile VALLET

Virgile VALLET

Ostéopathe à Paris, mes domaines de prédilections sont l'ostéopathie du sport, l'ostéopathie pédiatrique et obstétrique. Rédacteur REFLEX OSTEO à mes heures perdues, je vous propose une série d'articles autour de différentes thématiques !

Pas de commentaires

Poster un commentaire