règles douloureuses

Aïe, voilà de nouveaux mes règles douloureuses… 

On se lève comme si de rien n’était. La maison, les enfants et le boulot ne vont pas se mettre en pause.

Vous prenez du paracetamol, un spasfon, ça va soulager un petit moment, comme un bête « pansement sur un symptôme ».

Mais si vous vous décidiez une fois pour toute de vous attaquer à la véritable cause de ces règles douloureuses ?

La douleur est une alarme de notre organisme pour signaler un dysfonctionnement ; alors ne vous contentez pas de juste étouffer cette alarme. Vos règles douloureuses ne sont pas forcément l’expression d’une pathologie, mais d’un dysfonctionnement que l’ostéopathe pourra repérer et traiter.

Agissez !

Les dysménorrhées ? Mais c’est quoi ?

Les dysménorrhées ou douleurs menstruelles, sont tout simplement des règles douloureuses. Elles font partie des pathologies les plus courantes du cycle menstruel.

Ces douleurs sont le quotidien, 2 à 3 jours par mois, d’environ 30 à 50% des femmes en âge de procréer. Les douleurs peuvent être présentes avant, pendant ou après vos menstruations.

Elles sont dites primaires quand elles surviennent peu de temps avant l’apparition des premières règles, dès la puberté voire dans les toutes premières années des menstruations.

Quand, à l’inverse, elles apparaissent ou s’aggravent après plusieurs années sans douleurs ou à la suite d’une pathologie gynécologique, elles sont dites secondaires.

Chaque femme exprime différemment les douleurs de règles

Ainsi l’intensité, la localisation, la durée et la fréquence des douleurs vont être totalement variables. Vos douleurs peuvent être localisées (ventre, petit bassin, lombaire…), plus à distance (jambes lourdes, hémorroïdes, ballonnements…) et pouvant aller jusqu’à entrainer un dérèglement systémique donnant des symptômes tels que diarrhée/constipation, céphalée, nausées, vomissements, fatigue…

Vos symptômes ne sont pas cités ? Je n’ai donné que les plus courants et comme je vous le disais, chaque femme est unique, il en est de même pour ses douleurs.

Quelques explications sur les règles douloureuses

Afin de bien comprendre pourquoi vous avez des règles douloureuses, il est important de se connaître un minimum et de savoir comment votre organisme fonctionne.

Chaque mois, votre corps va procéder à un renouvellement de la paroi utérine. Ce renouvellement est nécessaire chez toutes les femmes en âge d’avoir des enfants. L’ovule doit s’accrocher à une paroi saine pour se développer dans de bonnes conditions, ce phénomène s’appelle la nidation. Si l’environnement utérin n’est pas adéquat au moment de la nidation, l’ovule sera rejeté.

Afin d’éliminer une partie de cette paroi, l’organisme met en jeu un mécanisme bien défini : la contraction de l’utérus. Nettement inférieures à l’accouchement, ces petites contractions vont permettre l’évacuation. C’est ce que l’on appelle les règles.

 

Ce phénomène physiologique devient pathologique et douloureux lorsque votre utérus se contracte plus que nécessaire.

Pourquoi avons-nous mal ?

Maintenant que vous commencez à comprendre le mécanisme, je vais vous expliquer pourquoi vous avez mal.

Les dysménorrhées sont essentiellement dues à des dysfonctionnements des organes du petit bassin. Vos douleurs vont être l’expression d’une hypercontraction de votre utérus et de son environnement (notamment du système vasculaire).

L’utérus est un organe complexe composé entre autres d’un muscle : le myomètre. Ce dernier, comme tous les autres muscles, ne peut fonctionner sans un apport constant et suffisant en oxygène et en nutriments.

Suite à une contraction trop importante de ce muscle et des artères qui le vascularisent (oui ! vos artères se contractent pour pouvoir faire circuler le sang), l’oxygène ne circule plus correctement.

L’exemple de l’éponge

Pour faire simple et rapide : prenez une éponge, serrez-la fort dans votre main et plongez-la dans l’eau sans relâcher la pression que vous exercez. Ressortez votre main et ouvrez-la, vous verrez qu’elle est quasi aussi sèche qu’avant de l’immerger. La pression est telle que l’eau ne peut être absorbée par l’éponge. Et bien pour votre utérus, c’est exactement pareil !

On parle alors d’hypoxie tissulaire : votre utérus est tout simplement en manque d’oxygène. Sans oxygène, vos tissus souffrent, l’ensemble des cellules vont envoyer des messages douloureux aux terminaisons nerveuses. C’est un signal d’alarme.

Quelles peuvent être les causes des dysménorrhées

Vos douleurs sont dues potentiellement à trois mécanismes (les 3 pouvant être combinés) :

  • La cause hormonale : La contraction utérine est soumise essentiellement à une hormone clé : la prostaglandine (associée à l’arginine vasopressine (ADH) et aux leucotriènes, leur action est minime en comparaison). Pour des raisons assez floues, votre organisme va en sécréter plus que nécessaire et donc entrainer l’hypercontratilité.
  • La cause mécanique : l’augmentation de la pression sur l’utérus aboutit à une diminution de la vascularisation utérine. Cette dernière peut être par exemple le résultat d’adhérences suite à une chirurgie ou une infection, un utérus dans une position inadéquate ou fixée, des troubles viscéraux, ou encore une mauvaise posture.
  • Les causes pathologiques : endométriose, kystes, pathologie digestive, état émotionnel ou le stress.

 

Alors comment l’ostéopathe peut-il agir sur les dysménorrhées (ou règles douloureuses) ?

Les règles douloureuses sont le signal d’alarme de la souffrance de votre utérus au moment de vos menstruations.

Un an, cinq ans ou même vingt ans que vous supportez les douleurs ?

Il n’est pas trop tard pour une prise en charge en ostéopathie. Je vous propose d’arrêter d’attendre en vain en masquant ces douleurs par de simples « cache-douleurs » (paracétamol, spasfon, anti inflammatoires etc…) et de réagir.

En quelques consultations (entre 2 et 5 sont recommandés selon les ostéopathes) l’ostéopathe va pouvoir vous soulager. En une seule consultation, il est bien difficile d’avoir une action efficace sur la durée. Un travail approfondi du terrain est souvent nécessaire et il faut notamment « reprogrammer » toute votre sphère gynécologique.

L’ostéopathe va venir agir sur vos douleurs, par différentes manipulations. Elles vont avoir pour effets de permettre à votre organisme de s’autoréguler de manière optimale.

Rappelez-vous, deux mécanismes sont en cause dans vos douleurs : la pression (musculaire et interne) et la vascularisation insuffisante ou inefficace.

 

Votre ostéopathe va travailler sur l’ensemble des sphères qui sont en lien avec votre motif :

Les structures osseuses : Elles contiennent le système uro-génital ; il est important que leur mobilité soit correcte afin qu’aucune pression ne soit exercée sur les organes. Une perte de mobilité entraine forcément des raideurs qui pourraient engendrer des perturbations du système vasculaire et nerveux. L’impact du travail de la structure est double : de par l’action mécanique et vasculaire.

La sphère viscérale : Le travail viscéral est essentiel puisqu’il va permettre d’augmenter la vascularisation générale (artérielle, veineuse et lymphatique). Il est important de lever toutes les tensions qui pourraient induire une augmentation de la pression intra-abdominale. Par exemple, un colon congestionné à cause d’une constipation peut potentiellement aggraver la douleur des règles.

Les organes abdominaux sont situés dans un espace clos dont les extrémités sont mobiles : le diaphragme et le périnée. Ces deux structures jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre des pressions intra-abdominales. Ces dernières doivent être libres pour que les contraintes soient correctement amorties par l’ensemble des organes sous ou sus-jacent.

La sphère gynécologique : il est important dans un premier temps de vérifier la position de l’utérus (votre ostéopathe n’a recours qu’à des techniques externes). Puis, de s’attacher à vérifier l’ensemble des structures ligamentaires et faciales  en contact avec l’utérus.

La sphère crânienne : le travail crânien est primordial. Il va avoir plusieurs répercutions: rééquilibrage hormonal, l’impact sur les messages douloureux et la contraction utérine, sur le stress et sur les tensions vertébrales par l’intermédiaire du mécanisme cranio sacré.

S’il le juge utile, l’ostéopathe pourra vous orienter vers votre gynécologue, médecin généralise ou sage-femme pour réaliser un bilan et décideront de la nécessité ou non de réaliser des examens complémentaires. L’ensemble des pathologies gynécologiques et organiques doivent être écartées.

L’ostéopathie va avoir un réel impact sur vos douleurs. Son efficacité n’est plus à démontrer, alors il n’est pas normal de souffrir. C’est à vous de décider d’aller mieux, prenez vos douleurs en mains.

 

Un petit exercice à faire chez vous pour soulager les règles douloureuses :

Couchez-vous sur le dos, les jambes tendues. Pliez un genou et amenez-le au niveau de votre menton en attrapant votre genou avec les deux mains. Maintenez la position pendant 90 secondes en effectuant des grandes respirations abdominales, puis continuez avec l’autre genou.

Les conseils de votre ostéopathe :

Il est important d’éviter au maximum tous les facteurs hygièno-dietetiques qui pourraient aggraver vos douleurs. Nous avons compilé ici tous les meilleurs conseils des ostéopathes, médecins, mais aussi de grands-mères !

 

  • Hydratez-vous correctement, avec de l’eau chaude ou tiède. Cela permettra d’éviter les ballonnements et la rétention d’eau qui augmente la douleur des règles.
  • Appliquez une bouillotte au bas ventre ou dans le bas du dos pour détendre vos muscles et ainsi relâcher votre utérus. Un bain chaud aura également le même effet.
  • Pratiquez une cure de vitB6 et Magnésium : un organisme en pleine santé et plein de vitalité lutte plus facilement contre les douleurs.
  • Evitez le tabac et l’alcool.
  • Evitez une alimentation riche en acides gras saturés (oméga 6). Privilégiez les aliments riches en oméga 3 qui permettent de réguler la pression veineuse (poissons gras, huile de noix, lin…).
  • Exercice de respiration lente et profonde : pour diminuer les pressions abdominales.
  • Aromathérapie, la petite recette nature qui fait du bien : 5 gouttes d’huile essentielle d’Estragon mélangé à une cuillère à café d’huile végétale d’Arnica. Appliquez 2 fois par jour sur l’abdomen en massage.
  • Phytothérapie : tisanes de feuilles de framboisier qui ont des vertus pour équilibrer vos menstruations.
  • Faites de l’exercice : un exercice léger est un très bon antalgique pour calmer vos règles (endorphines). Cela permet également de faciliter la circulation sanguine (vous allez pomper plus de sang).
  • Portez des vêtements amples lors de vos règles, les vêtements moulants ont tendance à augmenter la pression abdominale.
  • Il a été prouvé que les douleurs régressent généralement après le premier enfant. En voilà une solution simple et efficace !! Alors, avoir un enfant pour diminuer vos douleurs vous en pensez quoi ? 🙂

 

Author Info
Mélissa CARBONELL- RICO

Mélissa CARBONELL- RICO

Ostéopathe diplomée de l’institut supérieure d’Ostéopathie de Lyon (ISOstéo). Je partage mon temps professionnel entre mes cabinets (Eysines et Barsac) et les urgences à domiciles sur la métropole de Bordeaux. Spécialisé en pédiatrie et périnatalité, j'accorde une importance particulière à votre écoute pour une prise en charge optimale.

Pas de commentaires

Poster un commentaire

Effectuez cette addition *