Le sacrum est un des os les plus importants pour e bon équilibre du corps humain

Il y a fort longtemps, le sacrum contenait les offrandes faîtes aux Dieux lors des sacrifices. C’est pourquoi il signifie os « sacré ». Aujourd’hui, cet os conserve ce caractère « divin » mais pour des raisons différentes ! Alors qu’est-ce que le sacrum ? Quels sont ses pouvoirs ?

 

Rappels anatomiques du sacrum

Le sacrum est l'un des os les plus importants du corps humain

Sacrum vue de profil – Sacrum vue de face

 

Forme et généralités :

Le sacrum est un os impair, médian et symétrique. Il est constitué de cinq vertèbres soudées. L’union de ce dernier avec les deux os iliaques forme le bassin osseux. Cet os se situe à la partie terminale de la colonne vertébrale.

Il a une forme de pyramide à sommet inférieur (ou apex) et à base supérieure. La base correspond au bord supérieur du sacrum et présente l’orifice du canal sacré en arrière de l’articulation lombo-sacrée ainsi que les ailerons sacrés de part et d’autres. Ce canal contient le filum terminal de la moelle épinière, c’est-à-dire les nerfs destinés au petit bassin ainsi qu’aux membres inférieurs.

Le sacrum est constitué de quatre faces distinctes :

  • Une face pelvienne ou antérieure qui présente quatre lignes sacrées transversales et l’émergence antérieure de huit foramens se prolongeant de chaque côté par des gouttières contenant les nerfs du plexus sacré.
  • Une face postérieure sous cutanée qui présente 3 crêtes sacrées verticales : une médiane, deux intermédiaires et deux latérales. La crête sacrée médiane aboutit en bas sur le hiatus sacré. Entre les crêtes intermédiaires et latérales, se trouve l’émergence postérieure des huit foramens sacrés.
  • Deux faces latérales
Le sacrum, vues de face et latérales

 

Ses articulations :

Le sacrum est rattaché à des ligaments, le systèmes veineux et lymphatiqueLe sacrum présente 4 articulations avec ses os voisins :

  • De chaque côté : les deux articulations sacro-iliaques. Il s’agit de l’articulation des bords latéraux du sacrum avec les deux os iliaques. Cette union forme le bassin osseux. Ces articulations sont peu mobiles car très imbriquées et leurs moyens d’unions sont très puissants.
  • En haut : l’articulation lombo-sacrée. Il s’agit de l’articulation de la cinquième lombaire avec le sacrum. Elle est composée de trois surfaces articulaires : le plateau vertébral et deux facettes articulaires postérieures.
  • En bas : l’articulation sacro-coccygienne. Il s’agit de l’articulation du coccyx avec l’apex inférieur sacré. Elle est très peu mobile.

 

Les rapports musculaires et ligamentaires :

Le sacrum présente de nombreuses insertions musculaires et ligamentaires :

Face pelvienne :

  • Le muscle piriforme
  • Le muscle coccygien
  • Le ligament sacro-iliaque antérieur

Face dorsale :

  • Le muscle grand dorsal et les muscles érecteurs du rachis
  • Le muscle grand glutéal
  • Les ligaments ilio-articulaires
  • Le ligament sacro-coccygien postérieur
  • Les ligaments sacro-iliaques postérieurs

Faces latérales :

  • Le muscle grand glutéal
  • Le muscle coccygien
  • Le ligament interosseux
  • Le ligament sacro-tubérale
  • Le ligament sacro-épineux

 

Les rapports nerveux, vasculaires et lymphatiques :

En avant de la face antérieure du sacrum se trouve un riche carrefour vasculo-nerveux. Il est composé du plexus nerveux sacré, des réseaux artério-veineux et lymphatique.

Le canal sacré, situé à l’intérieur même du corps du sacrum, contient le plexus nerveux, destiné au petit bassin et aux membres inférieurs. Ces nerfs émergent à la partie antérieure et postérieure du corps sacré, par les huit foramens afin d’innerver les structures anatomiques concernées.

En avant du plexus sacré se trouve le réseau vasculaire du petit bassin provenant de l’artère iliaque interne et ses collatérales.

Le réseau lymphatique se greffe au réseau vasculaire.

 

Le sacrum compte des raccords veineux, lymphatiques et ligamentaires

 

Les principaux rôles du sacrum :

  • Protection des nerfs rachidiens et des éléments anatomiques du petit bassin;
  • Biomécanique du bassin et du corps entier par extension (il supporte et répartie les forces provenant du haut du corps);
  • Lors de l’accouchement (il effectue des mouvements de nutation et contre nutation permettant à la tête de l’enfant de sortir du bassin);
  • Équilibre crânio-sacré.

 

Les causes de douleurs sacrées

Le sacrum est une pièce clé du squelette humain. Comme dit précédemment, il est en contact avec de nombreux éléments anatomiques : des os, des muscles, des nerfs, des organes pelviens, des vaisseaux artério-veineux et lymphatiques. C’est pourquoi une douleur sacrée peut provenir du sacrum lui-même ou bien des éléments organiques locorégionaux et/ou à distance.

  • Une mauvaise hygiène de vie : la sédentarité, la surcharge pondérale;
  • Les séquelles de traumatismes ou de chirurgie pelvienne;
  • La grossesse : le troisième trimestre de gestation provoque des modifications physiologiques notamment hormonales ayant une influence sur l’organisme entier, la position en siège du bébé peut provoquer des contraintes supplémentaires, la fin de grossesse est souvent accompagnée d’une fatigue de la musculature pelvienne;
  • L’accouchement et le postpartum : un accouchement difficile, une mauvaise rééducation périnéale;
  • Les maladies urologiques et/ou gynécologiques : l’endométriose, les prolapsus, les malpositions utérines, la prostatite chronique, le syndrome prémenstruel;
  • Les troubles musculo-squelettiques : l’inégalité des membres inférieurs, les hernies discales, les sciatalgies, les troubles posturaux, le déséquilibre du bassin, un spondylolisthésis;
  • Les troubles digestifs : la constipation, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin;
  • Les maladies inflammatoires : la spondylarthrite ankylosante, l’arthrite psoriasique ou rhumatoïde, la sacro-illite;
  • Certaines maladies infectieuses : la tuberculose;
  • Les traumatismes : les fractures ou fissures;
  • Les maladies tumorales : les métastases (le cancer du sacrum lui-même est rare);
  • Les troubles circulatoires : les thrombophlébites veineuses iliaques et pelviennes, les varices pelviennes;
  • Les troubles cutanés : les kystes pilonidaux;
  • Les maladies dégénératives : l’arthrose;
  • Les maladies congénitales : la lombalisation du sacrum ou la sacralisation de la cinquième lombaire, la spina bifida.

À noter que les douleurs ressenties par le patient ne sont pas uniquement localisées au sacrum mais également au niveau du petit bassin, les hanches, des cuisses, du rachis lombaire et parfois des membres inférieurs.

 

Le sacrum et l’ostéopathie

La prise en charge ostéopathique n’est pas indiquée en première intention pour chaque pathologie sacrée.

En cas de douleur très vive, de rythme inflammatoire, de fièvre, de grande fatigue, de perte d’appétit, ou encore de saignements, l’ostéopathe devra réorienter son patient chez son médecin afin de faire des examens complémentaires. L’ostéopathie intervient uniquement en seconde intention dans ces cas de figures.

Le sacrum a une multitude d’incidences sur l’ensemble du corps. C’est pourquoi, il est testé à chaque consultation ostéopathique et fréquemment traité. Les techniques employées sont très variées.

Les objectifs d’un traitement ostéopathique sont :

  • Articulaire : redonner une mobilité optimale aux articulations 4 sacrées : l’articulation lombo-sacrée, les articulations sacro-iliaques et l’articulation sacro-coccygienne;
  • Tissulaire : libérer les tensions musculaires, ligamentaires et faciales du petit bassin. Crânio-sacré : équilibrer l’axe crânio-sacré;
  • Viscérale : travailler sur les organes pelviens;
  • Circulatoire : stimuler les systèmes vasculaires, veineux et lymphatiques;
  • Neurovégétatif.

Il ne faut pas perdre à l’esprit la notion de globalité du traitement ostéopathique.

Par conséquent, l’ostéopathe devra s’assurer que :

  • Le bassin, les membres inférieurs et la ceinture scapulaire soient équilibrés;
  • Le rachis ait une mobilité satisfaisante;
  • Les sphères crânienne et viscérale soient libres;
  • Les modulateurs posturaux soient « normaux ».

 

Les conseils sacrés de l’ostéopathe

Le sacrum est un os central qui interagit par le biais de liens anatomiques avec l’ensemble du corps. Les causes de douleurs sacrées sont diverses, elles peuvent provenir du sacrum lui-même ou bien des éléments anatomiques locorégionaux ou à distance.

Grâce à des techniques spécifiques et variées, l’ostéopathe peut agir sur le sacrum lui-même mais également sur les muscles, les ligaments, les organes, les membranes et les systèmes vasculo-nerveux qui l’avoisinent.

Par conséquent, tout traitement du sacrum aura une incidence bénéfique sur l’ensemble de l’organisme.

 

Pour prévenir les douleurs sacrées et/ou optimiser les bienfaits d’une séance ostéopathique, je vous propose :

 

  • Etirements quotidiens (exemples : piriforme, carré des lombes, psoas);
  • Hydratation suffisante et alimentation équilibrée;
  • Activités sportive adaptée (exemple : yoga, qi gong, natation);
  • Rééducation périnéale;
  • Bilan postural approfondi (si nécessaire);
  • Phytothérapie en cas de maladies inflammatoires (par exemple : curcuma).
Author Info
Lou Roussel

Lou Roussel

Ostéopathe D.O diplômée de l'institut de Rennes, j'effectue des consultations à domicile dans Paris et sa banlieue. Ma pratique est variée : j'estime que l'application d'un traitement doit être adaptée et respectueuse du patient. Ma formation me permet de prendre en charge le nourrisson, l'enfant, l'adulte, la femme enceinte, le sportif, la personne âgée et la personne en situation de handicap. J'apprécie prendre le temps auprès de mes patients afin de leur donner explications et conseils.

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