Le syndromùe rotulien est l'une des causes les plus fréquentes de consultation ostéopathique

 

Les douleurs aux genoux sont très fréquentes et variées et leur origine nombreuses. Parmi elles, Le syndrome rotulien est une des causes les plus fréquentes de consultation.

Cette pathologie survient le plus souvent à deux époques de la vie. Soit à l’adolescence s’il s‘agit d’une maladie de croissance de l’articulation du genou. Soit vers 35ans, chez une personne non préparée qui commence une activité physique ou effectue une activité professionnelle contraignante accroupie ou à genou.

 

Rappel anatomique du genou

Le genou est une articulation complexe du membre inférieur supportant le poids du corps. L’articulation fémoro-patellaire est l’articulation entre l’extrémité inférieure du fémur et la face postérieure de la rotule (ou patella). C’est cette articulation qui est touchée par le syndrome rotulien.

 

La partie supérieure de la face postérieure de la rotule est séparée en 2 surfaces (médiale et latérale séparée par une crête verticale) et s’articule à la façon d’un rail avec la trochlée du fémur à son extrémité inférieure.

La rotule est le plus gros os sésamoïde du corps et se retrouve donc au milieu d’un système musculaire antagoniste avec le muscle quadriceps en avant et ischio-jambier en arrière du fémur. Les ailerons rotuliens émergent des faces externes de la rotule pour stabiliser celle-ci pendant les mouvements du genou.

 

Anatomie simplifiée du genou droit

anatomie du genou

 

Le syndrome rotulien correspond à la souffrance de la rotule dans le rail de la trochlée qui  est malmené dans ses déplacements sous l’action  des muscles antagonistes de la cuisse. Quand l’équilibre du système musculaire extenseur (quadriceps) et fléchisseur (ischio-jambier) est rompu, cela peut entraîner une inflammation et des douleurs, car la rotule se retrouve plaquée contre la trochlée entre les deux systèmes et augmente la pression sur le cartilage rotulien.

Les causes du syndrome rotulien

La plupart du temps, il peut survenir lors d’un choc direct sur le genou ou par une modification du rythme de l’entraînement sportif (augmentation ou diminution). La prise de poids, la fonte musculaire et le surmenage de l’articulation sur un genou non préparé (déménagement, monter brutalement des escaliers …) peuvent aussi en être la cause.

Le diagnostic repose sur l’interrogatoire et l’examen clinique.

 

Symptômes pouvant être ressentis par le patient :

Le patient pourra se plaindre de douleurs entre la rotule et le fémur surtout à la partie externe du genou. La douleur apparaît à la flexion du genou (effort, passage de la position assise prolongée à la position debout, sport, etc.)

 

Signes cliniques pouvant être mis en évidence par le thérapeute

À l’examen clinique :

  • Douleur à la percussion de la rotule et à la palpation de ses facettes
  • un possible épanchement pourra être diagnostiqué par le signe du glaçon.
  • Signe du rabot peu être plus ou moins présent
  • Impotence fonctionnelle pendant l’effort
  • Parfois une instabilité peut être observée avec un signe de Smilie positif (subluxation de la roule)
  • Une rigidité des ischio-jambiers peut être aussi observée

 

Le traitement du syndrome rotulien

Il ne doit surtout pas passer par l’immobilisation ou le repos complet. Cela pourrait entraîner un déconditionnement physique, une augmentation du déséquilibre musculaire et une aggravation des symptômes.

Le traitement consiste donc en la rééducation. Elle doit être réalisée avec sérieux et discipline et nécessite un bon dialogue entre le patient et le thérapeute.

Le muscle quadriceps doit être renforcé en contraction isométrique, c’est-à-dire sans mouvement. Tout mouvement en force du genou et surtout en flexion est à proscrire. Il est recommandé d’effectuer chez soi des exercices de contraction isométrique du quadriceps. Le plus connu reste le plus simple et consiste à faire la chaise.

Le dos est contre un mur et le reste du corps mime la position assise. Les jambes sont fléchies à 90° donc le genou ne doit pas dépasser la pointe du pied.

L'exercice de la chaise est préconisé dans les cas de syndrome rotulien

 

L’étirement des muscles quadriceps et ischio-jambiers permet, en plus des contractions isométriques, de rétablir l’équilibre entre les muscles fléchisseurs et extenseurs.

 

 

Comment éviter le syndrome rotulien ?

Pour prévenir l’apparition du syndrome rotulien, il est important d’éviter les mouvements intenses de flexion du genou comme :

  • Accroupissement ou position à genoux (bricolage, jardinage…) ;
  • Position assise jambes pliées (voiture, cinéma, bureau, école…) ;
  • La montée et surtout la descente des escaliers ;
  • Le port de charges lourdes.

Les activités sportives nécessitant de nombreuses flexions du genou ou se déroulant sur un sol dur peuvent aussi être responsables du syndrome rotulien :

  • Le vélo ;
  • La brasse ;
  • La marche avec dénivelés ;
  • La course à pied sur terrain dur ;
  • Le basket / hand / volley ;
  • L’aviron ;
  • etc.

 

Le rôle de l’ostéopathe:

La complémentarité entre l’ostéopathe, le kinésithérapeute et le podologue peut être particulièrement efficace face au syndrome rotulien.

L’ostéopathe pourra intervenir en premier pour travailler sur le bassin, la colonne vertébrale, les pieds, les chevilles, les genoux les hanches ou encore le diaphragme, etc.

Son but est de rétablir un meilleur équilibre dans la posture afin que le poids du corps se répartisse de façon symétrique le long de la colonne vertébrale et dans les deux membres inférieurs. Une fois la posture rééquilibrée, il pourra travailler au niveau des différentes chaînes musculo-aponévrotiques du corps et préparer ainsi la rééducation faîte par le kinésithérapeute. Enfin, si nécessaire, le podologue pourra intervenir en fabriquant des semelles pouvant améliorer les problèmes posturaux et prévenir les douleurs articulaires à plus long terme.

 

Author Info
Yannis Tillard

Yannis Tillard

Ostéopathe D.O issu du centre international d’ostéopathie, mon parcours atypique m’a permis de vivre et d’exercer l’ostéopathie sur plusieurs continents comme en Asie dans des monastères bouddhistes et des centres de méditations. J’ai l’habitude de travailler en complémentarité avec d’autres disciplines médicales et paramédicales pour un meilleur suivi du patient et une prise en charge plus efficace.

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